Vous ne voulez pas de face-à-face : la médiation navette peut-elle vous permettre d'avancer ?

Publié par Karine Biava
Le 24/03/2026

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Vous ne voulez pas de face-à-face : la médiation navette peut-elle vous permettre d'avancer ?

Vous souhaitez trouver une issue au conflit, mais l'idée d'une rencontre directe avec l'autre personne vous fait renoncer à la médiation. La médiation navette permet de commencer et, si nécessaire, de poursuivre le travail séparément lorsque le face-à-face est impossible, prématuré ou contre-productif, tout en laissant ouverte la possibilité d'un échange direct assisté si celui-ci devient plus tard utile et accepté.

push_pinLa médiation navette contrôlée est particulièrement utile lorsque le face-à-face est impossible, prématuré ou contre-productif dans l'état actuel du conflit, notamment dans des situations de forte tension relationnelle, de haute conflictualité, de peur, de déséquilibre de pouvoir ou de charge émotionnelle telle qu’elle empêche un dialogue direct utile.

Vous voulez une solution amiable, mais l'idée de vous retrouver face à cette personne vous paralyse ? La médiation navette existe pour vous.

Vous n'êtes pas anormal. Vous n'êtes pas lâche. Vous n'êtes pas de mauvaise foi.
Si vous lisez cet article, c'est probablement parce qu'il y a quelqu'un dans votre vie (un ex-associé, un ancien employeur, un voisin, un ex-conjoint, un membre de votre famille) avec qui quelque chose s'est cassé. Quelque chose de grave. Et vous savez, au fond de vous, qu'un procès ne réglera pas vraiment le problème. Mais vous savez aussi que vous n'êtes pas capable, pas maintenant, peut-être jamais, de vous asseoir dans la même pièce que cette personne.
Alors vous hésitez. Vous procrastinez. Vous consultez un avocat non pas parce que vous voulez vraiment aller au tribunal, mais parce qu'au moins là, quelqu'un sera entre vous deux. Un tiers. Une protection. Un tampon.
Ce que vous cherchez, sans le savoir, s'appelle la médiation navette.

Ce que personne ne vous a dit sur la médiation

La médiation « classique » n'est pas le seul modèle qui existe

Quand on entend le mot « médiation », on imagine souvent la même scène : deux personnes en conflit, assises face à face autour d'une table, avec un médiateur au milieu. On se dit que c'est bien en théorie, mais qu'en pratique, avec cette personne, c'est impossible. Trop de tension. Trop de peur. Trop de blessures encore vives.
Et puis peut-être que vous avez déjà essayé. Vous êtes allé à une séance de médiation. Vous vous êtes retrouvé en face de l'autre, et ça a mal tourné. Les mots ont dépassé la pensée. Les émotions ont pris le dessus. Vous êtes reparti plus blessé qu'à l'arrivée, convaincu que « la médiation, ce n'est pas pour vous ».

push_pinCe que vous avez vécu n'est pas un échec de la médiation en tant que telle. C'est l'échec d'un format qui n'était pas adapté à votre situation.

Il existe un format de médiation dans lequel le travail peut se dérouler principalement ou entièrement en entretiens séparés lorsque la rencontre directe empêche de réfléchir, de s'exprimer ou de négocier utilement. Le médiateur organise alors les échanges entre les personnes sans les placer trop tôt face à face. C'est la médiation navette (ou shuttle mediation en anglais).
Et elle change tout.
Découvrez toutes les approches de médiation disponibles selon votre situation

La médiation navette : de quoi s'agit-il exactement ?

Un médiateur, deux espaces séparés, une seule dynamique : trouver un accord

La médiation navette est un format dans lequel le médiateur rencontre séparément chaque partie, dans des espaces distincts (deux salles différentes ou deux sessions visioconférence séparées) et fait des allers-retours entre elles pour transmettre informations, propositions et contre-propositions.
Les personnes peuvent travailler sans être directement confrontées l'une à l'autre aussi longtemps que cela est nécessaire. Le médiateur organise la circulation des informations, demandes, réponses et propositions avec leur accord. Et pourtant, grâce au travail du médiateur, elles construisent progressivement, ensemble, une solution qui leur convient à toutes les deux. L'objectif n'est pas de tenir deux conversations parallèles : il doit toujours exister un même conflit à traiter et quelque chose qui circule réellement entre les parties.
Ce format peut se dérouler de deux manières :

  • Format simultané : les deux parties sont présentes le même jour dans des salles adjacentes, et le médiateur navigue entre elles en temps réel, généralement toutes les 20 à 30 minutes. C'est le format le plus courant quand les deux parties sont disponibles et que la situation demande une résolution rapide.
  • Format séquentiel (ou navette étalée) : le médiateur rencontre chaque partie à des moments différents. Par exemple, il vous voit un mardi, puis rencontre l'autre partie le mercredi. Entre les deux, vous avez le temps de digérer, de réfléchir, de consulter si nécessaire. C'est une option particulièrement précieuse quand les émotions sont encore très vives, quand vos agendas sont chargés, ou quand le conflit est suffisamment complexe pour nécessiter que chacun prenne le temps de vraiment peser ses réponses avant de continuer.

Dans les deux cas, le principe est identique : la rencontre directe n'est pas imposée tant qu'elle empêche un travail utile. Vous pouvez réfléchir et répondre hors de la pression immédiate du face-à-face. Vous parlez au médiateur. Le médiateur travaille. Et le médiateur revient vers vous.

push_pinLe format séquentiel n'est pas un ralentissement : c'est souvent ce qui produit les accords les plus solides. Des réponses réfléchies valent mieux que des réactions à chaud.

La médiation peut aussi évoluer au cours du processus. Elle peut commencer en réunion commune puis basculer en navette si le face-à-face devient contre-productif. À l'inverse, elle peut commencer en navette puis, si les personnes le souhaitent et si les conditions sont devenues suffisantes, intégrer un face-à-face assisté : une rencontre préparée, limitée à certains sujets et soutenue par le médiateur. Cette rencontre n'est jamais une obligation ni la condition de réussite de la navette. Le critère n'est pas de revenir absolument au face-à-face, mais de choisir la configuration qui permet à chacun de participer et de décider le plus librement possible.
⚠️ La médiation navette ne se réduit pas à un simple « caucus » ponctuel, ce moment où le médiateur prend brièvement chaque partie à l'écart au milieu d'une réunion commune. Elle peut structurer une part importante, voire l'essentiel, du processus autour des entretiens séparés. Sa durée et son articulation éventuelle avec des réunions communes dépendent de la situation et du consentement des personnes.

comprendre plus largement le fonctionnement de la médiation navette

À qui s'adresse la médiation navette contrôlée ?

Vous n'avez pas à prouver que votre refus du face-à-face est légitime

En revanche, le médiateur doit comprendre ce que la rencontre directe produit sur votre capacité à participer, réfléchir et décider afin de déterminer si la navette est réellement le format approprié.
La médiation navette n'est pas réservée aux cas « extrêmes ». Elle s'adresse à toutes les personnes pour qui la confrontation directe est un obstacle réel à la résolution.
Une personne ne réagit pas seulement au contenu de ce que l'autre dit. Elle réagit aussi à son ton, à son regard, à l'histoire du conflit, à la peur d'être dominée, humiliée, culpabilisée ou entraînée dans une nouvelle escalade. Lorsque cette activation devient trop forte, la capacité à comparer des options, entendre une nuance ou différer une réponse peut diminuer. Imposer immédiatement une réunion commune n'est alors pas toujours plus courageux ni plus efficace : modifier temporairement le circuit de communication peut permettre de retrouver une meilleure qualité de décision.
Organisée en une journée ou en plusieurs sessions étalées selon les besoins, cette approche convient tout particulièrement aux conflits à haute intensité émotionnelle, ou quand les parties ne sont pas en mesure de partager le même espace.
Vous vous retrouvez dans l'une de ces situations ?

  • ♠ Vous avez subi du harcèlement moral, des humiliations répétées, des intimidations : l'idée de vous retrouver dans la même pièce que cette personne vous provoque une réaction physique : nœud dans l'estomac, mains qui tremblent, voix qui se brise.
  • ♣ Il existe un déséquilibre de pouvoir évident entre vous : l'autre est votre ancien employeur, une personnalité influente dans votre secteur, quelqu'un qui a des ressources ou des relations que vous n'avez pas : en face à face, vous savez que vous ne pourrez pas tenir.
  • ♥ Vous traversez ou sortez d'une relation conjugale très conflictuelle. Vous aimeriez que vos enfants ne soient pas les premières victimes d'un procès. Mais vous n'êtes tout simplement pas en état de regarder cet homme ou cette femme dans les yeux et de négocier sereinement.
  • ♠ La rupture est totale. Aucun des deux ne veut être dans la même pièce. Ce n'est même pas une question de peur : c'est une question de dignité, de protection, de santé mentale.
  • ♣ Vous avez essayé une première médiation qui a mal tourné. Les mots ont dépassé les pensées. La situation a empiré. Vous ne voulez pas revivre ça : mais vous ne voulez pas non plus aller au tribunal.
  • ♥ Vous gérez un conflit professionnel délicat : un associé, un prestataire, un client important : la relation est trop tendue pour une confrontation directe, mais trop précieuse pour être détruite par un procès.

push_pinLa médiation navette s'adresse à tous ceux qui veulent trouver une issue, mais pour qui le face-à-face n'est pas une option réaliste ni souhaitable.

Vous êtes dans un conflit où l'autre semble plus fort que vous ? Lisez cet article

Pourquoi vous ne voulez pas aller au procès : et vous avez raison

Le tribunal n'est pas une solution. C'est un arbitrage à haut risque, à coût élevé, sans garantie de paix

Beaucoup de personnes envisagent le recours judiciaire non pas parce qu'elles veulent vraiment un procès, mais parce que le tribunal leur semble offrir ce qu'elles cherchent : un tiers avec autorité, qui tranche, qui protège, qui impose une distance entre elles et l'autre partie.
Mais voici ce que le procès implique réellement :

  • ♠ Des délais longs : une procédure peut durer de nombreux mois, parfois plusieurs années, avant un jugement définitif. Pendant ce temps, le conflit s'envenime, les relations se figent, les coûts s'accumulent.
  • ♣ Un coût financier considérable : honoraires d'avocats, frais de procédure, expertise éventuelle, appels. Un litige civil peut facilement dépasser plusieurs milliers d'euros, parfois dizaines de milliers.
  • ♥ Un résultat incertain : un juge tranche en fonction du droit, pas de vos besoins réels. Vous pouvez « gagner » juridiquement et repartir avec un sentiment de vide total.
  • ♠ Une relation définitivement détruite : si vous devez continuer à coexister (comme parents, comme voisins, dans une copropriété, dans une filière professionnelle), un procès brûle les ponts pour longtemps.
  • ♣ Un coût humain invisible mais dévastateur : le stress chronique d'une procédure judiciaire abîme la santé, les relations, la concentration professionnelle et l'estime de soi.

⚠️ Ce n'est pas parce que vous avez peur d'affronter l'autre que vous devez choisir entre subir la confrontation ou vous lancer dans un procès épuisant. Il existe une troisième voie.

Médiation versus procès : comprenez la vraie valeur de chaque option

Ce que la médiation navette va concrètement résoudre pour vous

Pas de la théorie. Des réponses précises aux obstacles réels qui vous bloquent

Le bénéfice attendu n'est pas simplement d'éviter de voir l'autre. Il est de pouvoir traiter ce qui reste à traiter sans que la forme même de la rencontre rende la réflexion ou la négociation impossible. Dans certaines situations, cette différence suffit à rouvrir une marge de décision qui avait disparu.

Obstacle n°1 : « Je ne peux pas rester calme face à cette personne »
En médiation navette, vous n'avez pas à rester calme face à l'autre. Vous parlez au médiateur, dans votre espace, à votre rythme. Vous pouvez exprimer vos émotions, votre colère, votre blessure : le médiateur est formé pour les accueillir et pour n'en transmettre que ce qui fait avancer la résolution. Ce qui sort de votre bouche n'arrive pas brut dans les oreilles de l'autre.

Obstacle n°2 : « J'ai peur de l'autre »
Cette peur est légitime. Elle n'est pas un signe de faiblesse. Elle signifie qu'il s'est passé quelque chose de sérieux. La navette peut être envisagée lorsque la rencontre directe produit de la peur, de la sidération, une perte importante de moyens ou un déséquilibre de participation. Mais lorsque la priorité devient la sécurité, la protection ou la sortie d'une situation de violence, la question n'est plus seulement celle du format de médiation : le médiateur doit évaluer si la médiation reste appropriée ou s'il faut interrompre et orienter. L'organisation peut être conçue pour éviter tout contact direct non souhaité : horaires décalés, espaces séparés ou visioconférences distinctes. Si un échange direct était envisagé plus tard, il ne pourrait l'être qu'avec votre accord et dans un cadre préparé.

Obstacle n°3 : « En face de lui/elle, je perds mes moyens »
Le déséquilibre de pouvoir est l'une des raisons les plus fréquentes d'échec en médiation classique. En navette, la pression immédiate du face-à-face peut être réduite. Vous disposez de davantage de temps pour comprendre ce qui vous est proposé, identifier votre propre position et décider sans avoir à répondre sous le regard direct de l'autre. Vous pouvez aussi préciser une condition, refuser un point sans surenchère et distinguer ce qui est essentiel de ce qui relève surtout de la réaction au conflit. Vous pouvez dire au médiateur « j'ai besoin de réfléchir avant de répondre » sans aucune pression directe. Vous n'êtes plus dans la dynamique de domination qui s'installe si vite en face à face.

Obstacle n°4 : « J'ai déjà essayé la médiation et ça a échoué »
Si votre précédente médiation s'est tenue en séance conjointe et a mal tourné, ce n'est pas la médiation qui a échoué : c'est le format qui n'était pas adapté à l'intensité de votre conflit. La médiation navette existe précisément pour les situations où la réunion directe génère plus de dommages que de solutions. Un médiateur expérimenté analyse d'abord le contexte avant de choisir le format.
Comprendre quand la médiation est possible et quand elle ne l'est pas

Obstacle n°5 : « L'autre ne voudra jamais »
Souvent, l'autre ne veut pas non plus d'une confrontation directe : même s'il ne l'avoue pas. La médiation navette peut être proposée à l'autre comme un format neutre, sans enjeu de domination, sans risque d'humiliation publique. Le taux d'acceptation est souvent plus élevé qu'on ne l'imagine, précisément parce que l'absence de face-à-face rassure les deux parties.

push_pinQuand le conflit devient insupportable (harcèlement au travail, séparation qui dégénère, conflit d’équipe qui pourrit le quotidien ...), on vous dit souvent : « il faut vous parler ».
Or c’est précisément ce face‑à‑face qui vous sidère, vous met en danger ou vous fait perdre vos moyens. La médiation navette contrôlée part de ce constat très simple : parfois, être dans la même pièce détruit la possibilité de réfléchir et de choisir.
Concrètement, le médiateur travaille avec chacun séparément, dans un cadre sécurisé, pour que vous puissiez déposer ce que vous vivez, retrouver vos repères, comprendre ce qui se joue (pour vous, pour l’autre, dans le système), et clarifier ce qui est non négociable et ce qui peut bouger. Ce temps en séparé n’est pas un « à‑côté » de la médiation : c’est le cœur du processus, ce qui permet ensuite de décider, éventuellement avec un face-à-face assisté lorsque celui-ci devient utile, possible et librement accepté, mais sans vous jeter trop tôt l’un devant l’autre.
Le médiateur reste attentif aux blessures, à la peur, à la honte, parfois à l'emprise, pour ne pas les confondre avec un simple conflit de caractères, tout en restant dans un cadre de médiation : ce temps séparé n'est pas une thérapie, et le médiateur n'hésite pas à dire stop ou à orienter si la priorité devient la protection ou le soin. L'objectif n'est pas de « vous réconcilier à tout prix », mais de retrouver, chacun, un espace où vous pouvez voir clair, poser vos limites et prendre des décisions qui tiennent, même si ces décisions sont une séparation organisée ou une nouvelle façon de travailler sans vous détruire.

Comment se déroule concrètement une médiation navette ?

Un processus rigoureux, humain et parfaitement structuré

Avant la séance : l'entretien préparatoire individuel, votre premier espace de parole
Avant même que la première navette commence, vous rencontrez le médiateur seul, en entretien individuel confidentiel. Cet entretien dure entre 1h30 et 2h. C'est votre espace à vous, entièrement.
Ce moment est décisif : et souvent, c'est celui dont les gens se souviennent le mieux. Pourquoi ? Parce que c'est la première fois depuis longtemps que quelqu'un vous écoute sans prendre parti, sans minimiser, sans chercher à vous convaincre de quoi que ce soit. Vous pouvez dire ce que vous n'oseriez JAMAIS dire devant l'autre : la vraie peur, la vraie blessure, la vraie attente derrière les positions affichées.
C'est aussi dans cet entretien que vous définissez avec le médiateur ce qui peut être transmis à l'autre partie : et ce qui reste strictement confidentiel. Rien ne passe sans votre accord explicite. Vous restez maître de l'information à tout moment.

push_pinCet entretien préalable permet d'évaluer le cadre, de clarifier ce qui peut ou non être transmis et de vérifier si la personne souhaite entrer dans le processus. Selon le moment où le consentement à la médiation est formalisé, il peut constituer une phase préparatoire ou déjà faire partie du travail de médiation.

La logistique : rien n'est laissé au hasard
Si la séance se tient en présentiel : deux salles séparées, arrivées et départs décalés. Vous n'avez pas à croiser l'autre. Si elle se tient en visioconférence : deux salles virtuelles distinctes sur Zoom ou Teams. Même principe : AUCUN CONTACT non maîtrisé.
Les navettes : le cœur du processus
Le médiateur fait des allers-retours entre vous. À chaque passage, il vous restitue ce que l'autre lui a autorisé à transmettre : reformulé, contextualisé, débarrassé des toxines émotionnelles inutiles. Il vous pose des questions. Il explore vos intérêts réels derrière vos positions affichées. Il teste des pistes de solution « en son nom propre » pour éviter le rejet automatique lié à l'identité de l'émetteur. Il gère le temps, le rythme, la pression.

push_pinLe médiateur ne transmet JAMAIS une information sans votre accord explicite. Ce que vous lui confiez lui appartient jusqu'à ce que vous décidiez de le partager.

La convergence : quand l'accord émerge
Progressivement, les échanges permettent de dégager des points d'accord. Le médiateur construit un texte de synthèse, validé séparément par chaque partie.
Et si les choses se passent bien : le modèle hybride
Dans certains cas, lorsque la tension a suffisamment baissé et que les deux parties le souhaitent, un face-à-face assisté peut être proposé : une rencontre préparée, limitée à certains sujets et soutenue par le médiateur, par exemple pour signer ensemble ou pour qu'un mot de reconnaissance soit prononcé. JAMAIS OBLIGATOIRE. Jamais surprise. Toujours décidée ensemble, à l'avance, quand vous vous sentez prêt(e). Certaines personnes qui au départ ne voulaient pas se retrouver dans la même pièce choisissent, à la fin du processus, de se voir une dernière fois : non pas pour négocier, mais pour clore. C'est leur choix. Et c'est toujours le vôtre.
L'accord : concret, durable, exécutoire
L'accord de médiation est un contrat au sens juridique. Il précise qui fait quoi, dans quel délai, selon quelles modalités. Il peut être homologué par un juge pour lui conférer force exécutoire. Il est rédigé dans un langage clair, opérationnel, sans jargon juridique inutile.
Comment se résout concrètement un conflit avec l'aide d'un professionnel

Médiation navette en visioconférence : résoudre un conflit depuis chez soi

Plus besoin d'être dans la même ville, ni même dans le même pays

La médiation navette se prête particulièrement bien au format à distance. Pour les expatriés, les conflits transfrontaliers, les personnes en situation de mobilité réduite, ou simplement celles qui préfèrent la sécurité de leur propre espace, la visioconférence offre toutes les garanties du processus présentiel.

  • ♠ Chaque personne dispose de son propre espace virtuel et aucun contact direct n'est imposé.
  • ♣ Le médiateur annonce chaque transition : « Je rejoins l'autre partie. Je reviens dans 20 minutes. »
  • ♥ Un message d'attente vous indique une question de réflexion pendant l'absence du médiateur : pour que le temps soit utile, pas anxiogène.
  • ♠ La connexion préserve les expressions faciales et la voix : bien plus que le téléphone ou les e-mails.

⚠️ La seule exigence : disposer d'un espace privé et silencieux le jour de la séance. Le médiateur vérifie ce point en début de session.

Ce que la médiation navette ne peut pas faire : pourquoi c'est important de le savoir

L'honnêteté est la base d'une démarche sérieuse

La médiation navette est un outil puissant, mais ce n'est pas une baguette magique. Il faut être lucide sur ses limites :

  • ♠ Elle ne garantit pas à elle seule une reconstruction relationnelle. Lorsque les personnes doivent continuer à vivre, travailler ou décider ensemble, une rencontre directe peut parfois devenir utile pour reconstruire certaines formes de communication ; mais elle n'est ni systématique ni obligatoire. Dans d'autres situations, un accord fonctionnel obtenu sans face-à-face peut être un résultat parfaitement pertinent.
  • ♣ Elle ne fonctionne pas si l'une des parties est de totale mauvaise foi et utilise le processus uniquement pour gagner du temps. Le médiateur évalue cette dimension dès l'entretien préparatoire.
  • ♥ Elle demande un engagement minimum des deux parties. Pas d'accord enthousiaste, pas de bonne volonté parfaite : mais une volonté minimale d'explorer une issue. Sans cela, aucun format ne peut fonctionner.
  • ♠ Elle a ses propres effets : elle peut réduire la reconnaissance directe, fragiliser la perception de transparence, accroître la dépendance au médiateur ou déplacer certains rapports de pouvoir. Le bon format dépend donc du conflit, de la liberté réelle des personnes, du niveau de sécurité, de ce qu'il reste à négocier et de la capacité de chacun à comprendre ce qui circule entre les espaces séparés.
  • ♣ Elle n'a pas de sens s'il n'existe plus rien à décider ou à organiser ensemble, et elle ne doit pas servir à contourner artificiellement le refus de participer à tout processus de médiation.

push_pinLa médiation navette n'est pas le bon outil pour tous les conflits. C'est précisément pourquoi un entretien préalable d'évaluation est systématiquement proposé avant tout engagement dans le processus.

Votre conflit s'enlise et le système d'alerte a pris le contrôle ?

Ce que disent les professionnels et la recherche

Une pratique reconnue, des précédents qui inspirent

La médiation navette n'est pas une invention récente ni une pratique marginale. Elle est au cœur de certains des accords les plus complexes de l'histoire contemporaine.
Lors des négociations de Camp David en 1978, entre Israël et l'Égypte, une grande partie du travail s'est déroulée en entretiens séparés conduits par le président Jimmy Carter, les deux dirigeants se rencontrant peu directement. Ces échanges ont ouvert la voie au premier traité de paix entre Israël et un pays arabe.
Dans le domaine de la médiation commerciale, de nombreux médiateurs expérimentés consacrent une part importante de leur temps aux entretiens séparés : non par défaut, mais par choix délibéré.
En France, la médiation conventionnelle n'impose pas de format unique de séance, et les échanges menés en navette relèvent, comme les autres, de la confidentialité de la médiation.

Médiation navette ou procès : ce que vous gagnez vraiment

Une comparaison honnête pour une décision éclairée

  • ♠ Durée : une médiation peut généralement être organisée dans un calendrier beaucoup plus court qu'une procédure contentieuse, mais sa durée dépend de la complexité du conflit, du nombre de personnes et du rythme nécessaire aux échanges.
  • ♣ Coût : les honoraires de médiation restent en général nettement inférieurs aux frais d'une procédure judiciaire contentieuse, et ils sont souvent partagés entre les parties.
  • ♥ Résultat : un accord de médiation est construit par les parties elles-mêmes. Il répond à leurs vrais besoins. Un jugement tranche selon le droit : il peut ignorer vos besoins les plus importants.
  • ♠ Confidentialité : la médiation est entièrement confidentielle. Un procès est public. Ce que vous dites à l'audience peut être rapporté, commenté, utilisé.
  • ♣ Maîtrise : en médiation, vous gardez le contrôle de la décision finale. Au tribunal, vous la remettez entièrement à un juge qui ne vous connaît pas.
  • ♥ Impact humain : une médiation réussie libère. Un procès épuise, même quand on le gagne.

Quand l'avocat ne suffit plus : la vérité sur les conflits

Pourquoi choisir un médiateur spécialisé en conflits complexes ?

Tous les médiateurs ne sont pas formés pour les situations de haute conflictualité

La médiation navette demande des compétences spécifiques que ne possède pas tout praticien de la médiation. Un médiateur expert en conflits complexes doit savoir :

  • ♠ Gérer simultanément deux réalités émotionnelles antagonistes sans jamais prendre parti.
  • ♣ Reformuler sans déformer : transmettre le sens d'un message en le débarrassant de sa charge toxique, sans trahir l'intention de l'émetteur.
  • ♥ Détecter les signaux faibles : une hésitation, une concession implicite, une ouverture non formulée : et savoir quoi en faire.
  • ♠ Résister à la pression de manipulation : en navette, chaque partie cherche parfois à instrumentaliser le médiateur. Il doit le voir venir et y rester imperméable.
  • ♣ Tenir le temps : chronométrer les échanges, maintenir l'équité, gérer l'impatience ou l'anxiété de la partie qui attend.

push_pinRESOVCO intervient exclusivement sur des conflits complexes : ceux que les approches standard ne parviennent pas à résoudre. Cette spécialisation n'est pas un positionnement marketing. C'est une réalité clinique et pratique qui se traduit dans chaque choix méthodologique.

Passez à l'étape suivante

Un entretien préalable confidentiel pour évaluer si la médiation navette est la bonne option pour vous

Vous n'avez pas à décider seul si ce format est adapté à votre situation. La première étape est un entretien individuel et confidentiel (en visioconférence ou en présentiel) au cours duquel nous analysons ensemble la nature de votre conflit, le niveau de tension, les enjeux de sécurité, et les options réalistes pour vous.
Cet entretien n'engage à rien. Il vous donne une lecture claire de votre situation et des leviers disponibles.


TEST : La médiation navette est-elle faite pour vous ?

Pour chaque affirmation, attribuez-vous un score : 2 points si c'est tout à fait vrai, 1 point si c'est parfois vrai ou si vous ne savez pas, 0 point si ce n'est pas votre cas. Notez votre score pour chaque question, puis additionnez.
Affirmation2 pts
Oui
1 pt
Parfois
0 pt
Non
Score
1. L'idée de me retrouver dans la même pièce que l'autre me provoque de l'anxiété, de la peur ou un sentiment de danger.☐☐☐…
2. En face à face avec cette personne, je perds mes moyens, ma voix ou ma capacité à m'exprimer clairement.☐☐☐…
3. Il existe un déséquilibre significatif entre nous : pouvoir, ressources, réseau, influence.☐☐☐…
4. Je préférerais une solution amiable à un procès, mais quelque chose me bloque dans la démarche.☐☐☐…
5. J'ai déjà participé à une médiation ou une tentative de conciliation qui a échoué ou aggravé les choses.☐☐☐…
6. Ce conflit dure depuis longtemps et affecte ma santé, mon travail ou mes autres relations.☐☐☐…
7. Il y a des enjeux relationnels importants (enfants, entreprise, voisinage, milieu professionnel) que je ne veux pas sacrifier dans un procès.☐☐☐…
8. Je serais prêt(e) à m'engager dans un processus structuré si je n'avais pas à affronter directement l'autre partie.☐☐☐…
9. J'ai l'impression que si je m'exprime face à l'autre, mes mots seront retournés contre moi ou mal interprétés.☐☐☐…
10. Je sais ce que je veux obtenir, mais je n'arrive pas à le formuler ni à le défendre en présence de l'autre.☐☐☐…
11. Ce conflit me coûte (énergie, sommeil, concentration) bien plus qu'il ne le devrait, et je veux que ça s'arrête.☐☐☐…
TOTAL (sur 22 points)…
✦ Entre 16 et 22 points : plusieurs éléments de votre situation rendent la médiation navette particulièrement pertinente à évaluer
Votre situation cumule plusieurs facteurs (peur du face-à-face, déséquilibre de pouvoir, impact sur votre quotidien, blocage dans la démarche amiable) qui correspondent précisément aux indications de la médiation navette. Ce format peut répondre à plusieurs des obstacles que vous décrivez. Vous n'avez pas à traverser ça seul(e). Un entretien d'évaluation confidentiel vous permettra de comprendre concrètement comment le processus peut se dérouler dans votre cas.
✦ Entre 9 et 15 points : la médiation navette mérite d'être sérieusement envisagée
Votre situation comporte des éléments qui rendent la médiation navette pertinente, même si tout n'est pas aussi tranché. Un format hybride (quelques échanges en navette, puis un face-à-face assisté lorsque le terrain est préparé) pourrait être la meilleure option pour vous. Un entretien préalable permet d'évaluer cela avec précision et sans engagement.
✦ Entre 0 et 8 points : une médiation simple ou enrichie pourrait vous convenir
Votre situation ne semble pas présenter de blocage majeur face au face-à-face. Une médiation simple, une médiation enrichie si vous avez besoin de davantage de temps individuel autour des réunions communes, ou un autre accompagnement au conflit, pourrait être tout aussi efficace. Un entretien d'évaluation reste utile pour choisir le format le mieux adapté à vos enjeux.
Ce test n'évalue pas à lui seul si une médiation est appropriée. En présence de violences, de menaces, d'emprise importante ou d'une impossibilité réelle de consentir et de négocier librement, la priorité peut être la protection ou un autre cadre d'intervention plutôt que la médiation.


Karine BIAVA - RESOVCO (2026)
Consultante, coach et médiatrice en résolution de conflits
RESOV'CO Cabinet de Conseils en Gestion de conflits : Cabinet de Médiation
Site RESOV'CO - https://www.resovco.fr
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