Podcast : 14. POURQUOI vos techniques de COMMUNICATION ne marchent jamais ?(1/2)

Publié par Karine Biava
Le 23/12/2025

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14. POURQUOI vos techniques de COMMUNICATION ne marchent jamais ?(1/2)

Savez-vous vraiment gérer votre colère ou pensez-vous juste le savoir ? Découvrez le gouffre invisible entre comprendre une stratégie émotionnelle et l'appliquer quand la tension monte. L'obstacle n'est pas votre manque de connaissances.

Description


Vous connaissez la théorie, mais ça ne fonctionne pas ?


Vous avez lu des ouvrages sur la gestion de la colère. Vous connaissez la communication non violente. Pourtant, face à un mail désagréable ou une remarque blessante, toute votre compréhension s'évapore. Le problème : il existe un gouffre entre savoir intellectuel et application dans l'action.


Ce qui se passe dans votre cerveau[/b>


La colère est une émotion de survie. Votre cerveau limbique ne distingue pas attaque verbale et attaque physique. Il détecte une menace et vous prépare à combattre ou fuir : le sang afflue dans vos bras, votre visage rougit. Cette réaction prend 0,2 secondes. Face à cette vitesse, que peut faire votre théorie ?


Vos pensées créent votre colère[/b>


Dans 99% des cas, votre représentation de la situation cause l'émotion, pas les faits. Quelqu'un dit non brutalement. Vous pensez : « Il est contre moi, il me manque de respect. » La colère monte. Mais si cette personne était simplement pour elle ? Si elle souffrait ? Si elle avait peur ? C'est votre interprétation qui crée votre colère, pas la réalité.


« Calme-toi » aggrave TOUT


Personne ne s'est jamais calmé sur un « calme-toi ». Pourquoi faites-vous ça ? Parce que les émotions sont contagieuses. La colère de l'autre vous dérange. Vous voulez la paix. Vous ajoutez même un jugement : « C'est nul de s'énerver pour si peu. » Vous niez ET jugez. Double peine. Quelqu'un énervé devient encore plus énervé.


La vraie solution : accueillir l'émotion


Au lieu de contrer, accueillez l'émotion. Dites : « Tu as le droit de ressentir ça. » En un mot : OK. Ou un silence en hochant la tête. Plus vous laissez d'espace à l'émotion, plus elle s'exprime et redescend. Le vrai risque n'est pas de laisser la colère s'exprimer, c'est de dire « calme-toi » à quelqu'un qui en a gros sur la patate.


L'espace de liberté à créer


Viktor Frankl : « Entre stimulus et réaction, il y a un espace : l'espace de ma liberté. » Cet espace ne se crée pas seul. Il nécessite techniques concrètes et entraînement.


Votre action concrète


Quand vous sentez la colère monter, observez-la. Posez-vous : Où je la sens dans mon corps ? Ma respiration ? Quelle pensée l'a déclenchée ? Vous ne changez pas ce que vous ne voyez pas. L'observation est le début de la maîtrise. Si vous sentez que la colère vous emporte régulièrement, contactez-nous.

Si vous voulez en savoir plus pour votre cas personnel, n'hésitez pas à nous contacter sur https://www.resovco.fr/contact

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Le gouffre entre comprendre intellectuellement et appliquer dans l'action

[00:02:00] Ce qui se passe dans votre corps
La réaction du cerveau limbique en 0,2 secondes face à une menace perçue

[00:03:10] Vos pensées créent votre colère
Comment vos représentations mentales génèrent vos émotions

[00:05:09] Calme-toi : la phrase qui aggrave tout
Pourquoi nier l'émotion de l'autre amplifie le conflit

[00:07:32] Accueillir plutôt que contrer
La puissance de laisser de l'espace à l'émotion

[00:11:41] La difficulté dans l'action
Récapitulatif des concepts et leurs limites pratiques

[00:13:16] L'espace de liberté à créer
Entre le stimulus et la réaction se trouve votre pouvoir de choix

[00:14:19] Votre action concrète
L'exercice d'observation pour cette semaine

Cliquez sur le timing pour commencer le chapitre. La lecture commencera 1s après.

Pourquoi savoir et connaître des outils ne suffit jamais

Vous avez déjà vécu ça, n'est-ce pas ? Vous lisez un livre sur la gestion de la colère ou sur la communication non violente. Vous comprenez tout, vous hochez la tête, vous vous dites « oui, c'est logique, c'est évident ». Et puis ?


Quelqu'un vous envoie par exemple un mail désagréable. Ou votre associé vous lance une remarque blessante en réunion. Ou votre conjoint vous fait cette critique que vous ne supportez plus. Et là, toute votre belle compréhension s'évapore en deux secondes.


La colère monte. Vos mains tremblent. Votre cœur s'accélère et vous réagissez exactement comme avant. C'est ça le problème central de la gestion émotionnelle : il y a un gouffre entre comprendre intellectuellement et pouvoir appliquer dans le feu de l'action.

Comprendre vraiment ce qui se passe dans votre corps

Parlons franchement de ce qui se passe. Chez RESOV'CO, nous observons cette difficulté chez presque tous nos clients, même les plus brillants, même les dirigeants les plus expérimentés. Pourquoi ?


Parce que la colère, c'est une émotion de survie. Votre cerveau limbique ne fait pas la différence entre une attaque verbale et une attaque physique. Pour lui, c'est pareil. Il détecte une menace. Et qu'est-ce qu'il fait quand il détecte une menace ? Il vous prépare à vous battre ou à fuir, immédiatement.


Le sang afflue dans vos bras et vos mains. Pourquoi ? Pour cogner ou saisir une arme. Votre visage devient rouge. Pourquoi ? Pour faire peur à l'adversaire. C'est extrêmement rapide. Vous êtes câblé comme ça depuis des milliers d'années.



⚠️Et face à cette réaction qui prend 0,2 secondes, vous voulez faire quoi avec votre théorie ? Vous me suivez ?

Ce qui déclenche vraiment cette colère

Regardons de plus près. Ce ne sont pas les événements qui vous troublent. Ce sont vos pensées sur ces événements. Dans 99% des cas, c'est votre représentation de la situation qui cause l'émotion.

push_pinPar exemple, quelqu'un vous dit non, brutalement. Qu'est-ce qui se passe dans votre tête ? « Il est contre moi, il veut me bloquer, il me manque de respect, je dois me défendre. » Et hop, la colère monte.


Mais attendez : si cette personne n'était pas contre vous, mais simplement pour elle ? Et si elle ne voulait pas vous faire du mal, mais qu'elle souffrait elle-même ? Et si elle ne cherchait pas à vous faire peur, mais qu'elle avait peur ? Vous voyez la différence ?


C'est votre interprétation qui crée votre colère, pas la réalité. Chez RESOV'CO, nous appelons ça les erreurs de représentation. Trois erreurs principales :

  • Il est contre moi ? Non, il est pour lui.
  • Il veut me faire peur ? Non, il a peur.
  • Il veut me faire du mal ? Non, il souffre.

Bon, très bien, vous comprenez ça intellectuellement, mais essayez de vous en souvenir quand quelqu'un vous attaque verbalement devant 60 personnes. Essayez de vous en souvenir quand votre partenaire commercial vous envoie un mail incendiaire à 23h. C'est là que ça devient intéressant.

Comment réagir face à la colère de l'autre

Parlons maintenant de l'autre face du problème. Vous vous souvenez, dans les épisodes précédents, nous avons parlé de la spirale conflictuelle. Eh bien, voici quelque chose de fascinant.


Qu'est-ce que vous dites spontanément à quelqu'un qui est en colère ? « Calme-toi. » Est-ce que ça marche ? Je pense que dans l'histoire de l'humanité, il n'y a pas une seule personne qui s'est calmée sur un « calme-toi ».


Et qu'est-ce que vous dites à quelqu'un qui a peur ? « N'aie pas peur. » À quelqu'un qui est triste ? « Ne sois pas triste, ce n'est pas grave, ça va s'arranger. » Vous voyez le schéma ?


Vous niez l'émotion de l'autre, vous la contrez, vous dites NON : pas colère, pas peur, pas tristesse. Et ça n'arrange rien. Pire, ça aggrave les choses.

Pourquoi niez-vous les émotions des autres

Pourquoi est-ce que vous faites ça aussi rapidement ? Parce que la colère, la peur, la tristesse de l'autre vous dérange. Et oui, les émotions sont contagieuses.


Si l'autre est en colère, vous allez moins avoir la paix. Donc : « Arrête de t'énerver, arrête de me contaminer avec ton émotion. » Vous me suivez ? Et comme vous êtes très fort pour aggraver l'émotion des autres, vous rajoutez une deuxième stratégie : vous jugez.


« Calme-toi, c'est nul de s'énerver pour si peu. » « Sois pas triste, tu te rends compte, tu as déjà un boulot, de quoi tu te plains. » « N'aie pas peur à ton âge, c'est ridicule. »


Vous niez ET vous jugez. Double peine. Quelqu'un qui est énervé, à qui vous dites « calme-toi », il est bien souvent encore plus énervé. Quelqu'un qui a peur et à qui vous dites « n'aie pas peur », ça ne va pas du tout le rassurer.

Ce que vous devriez faire à la place

Vous ne voulez pas aggraver les choses. Vous voulez les arranger. Alors, qu'est-ce que vous pouvez faire ? Eh bien, au lieu de contrer l'émotion, vous l'accueillez.


Vous dites à l'autre, en un seul mot, quelque chose comme : « Tu as le droit de ressentir ce que tu ressens. Ton émotion est légitime. Et d'ailleurs, à ta place, je ressentirais sûrement la même chose. »


Mais comment est-ce que vous dites ça en un seul mot ? Vous pouvez dire OK. Ou bon. Ou bien. Ou juste un silence en hochant la tête montrant que vous avez compris.


L'idée c'est de laisser de l'espace à l'émotion de l'autre. Plus vous laissez de l'espace à l'émotion, plus elle va pouvoir s'exprimer. Peut-être que la colère va être un peu plus grande quelque temps, mais si vous arrivez à gérer ce que ça vous fait à vous, ça va aller. La colère va monter et elle redescend.



⚠️Il y a peu de risques à laisser une colère s'exprimer. Le vrai risque, c'est de dire « calme-toi » à quelqu'un qui en a vraiment gros sur la patate. Là, il risque plutôt de passer à l'acte, de s'énerver encore plus.

Comprendre l'émotion autrement

Je vais vous raconter quelque chose. Imaginez un ami bouleversé par une séparation qui se met à pleurer devant vous. Qu'est-ce que vous avez envie de faire spontanément ? Mettre la main sur son épaule. Peut-être dire : « Est-ce que je peux faire quelque chose ? Est-ce que je peux t'aider ? »

push_pinQuand pleure-t-il ? APRÈS avoir souffert. Tout à l'heure, il souffrait en silence. Maintenant, il se soulage. Il n'est plus en train de souffrir de la même façon. Il évacue la souffrance. Vous voyez la différence ?


Si vous arrivez à voir la colère comme un soulagement d'une frustration, d'une douleur, si vous arrivez à voir la tristesse comme le soulagement d'une souffrance, les choses changent complètement. Mais ça, ça demande bien souvent que vous sachiez gérer votre propre émotion.


Parce que si vous ne savez pas gérer votre propre émotion, votre propre colère, votre propre tristesse, vous ne pourrez jamais calmer l'autre. C'est là qu'on revient au problème de départ.

Le cas particulier des soignants

Tenez par exemple, dans le milieu médical, quel est le problème des soignants ? Leur travail c'est de réparer, de trouver des solutions. Donc quelqu'un qui va mal, qu'est-ce qu'on fait ? On trouve une solution immédiatement.


« Mais tu devrais, mais non, mais tu sais, il n'y a pas de raison. » Et donc on est très mauvais à désamorcer l'émotion parce qu'on n'a pas du tout cette approche-là envers l'autre. Vous me suivez ?


Il y a un temps pour laisser de l'espace à la souffrance de l'autre et il y a un temps pour une solution. Généralement, ce n'est pas dans le même espace-temps. Ça peut être une heure après ou le lendemain.


Ce dont on a besoin lorsqu'on a une émotion qui est là, on a juste besoin de quelqu'un qui dit : « C'est normal. » C'est tout ce dont on a besoin. « Tu as le droit. C'est normal. Je t'entends. »

Où est la difficulté quand vous êtes dans l'action

Récapitulons rapidement ce qu'on vient de voir. Vous comprenez maintenant que :

  • Votre cerveau limbique réagit en 0,2 secondes
  • Vos représentations créent vos émotions
  • Nier l'émotion de l'autre aggrave tout
  • Accueillir l'émotion avec OK la paise

Vous comprenez tout ça, c'est logique, c'est clair. Mais quand vous êtes en colère, quand votre partenaire vous attaque devant vos collaborateurs, quand votre associé vous envoie ce mail insultant, quand votre conjoint vous fait cette remarque que vous ne supportez plus, toute cette compréhension s'évapore.


Pourquoi ? Parce que vous n'avez pas eu le temps de créer la distance nécessaire entre le déclencheur, le stimulus et votre réaction.

L'espace de liberté selon Viktor Frankl

Viktor Frankl disait quelque chose de magnifique : « Entre le stimulus et la réaction, il y a un espace et c'est l'espace de ma liberté. »


C'est l'histoire de l'impulsivité. C'est un espace que vous devez vous entraîner à introduire entre un déclencheur et votre réaction. Cet espace, il ne se crée pas tout seul. Il faut des techniques concrètes pour le créer et bien souvent de l'entraînement.


Et c'est exactement ce que nous allons voir dans le prochain épisode.

Votre action concrète pour cette semaine

Alors récapitulons avant de passer à l'action. Vous avez compris aujourd'hui que :

  • Comprendre intellectuellement ne suffit pas
  • Votre cerveau limbique, celui des émotions, est plus rapide que votre compréhension intellectuelle
  • Nier l'émotion de l'autre aggrave tout
  • Vous devez d'abord savoir gérer votre émotion avant de pouvoir accueillir celle de l'autre

Maintenant, vous vous dites peut-être : « OK, mais en attendant, qu'est-ce que je fais ? » Eh bien, vous allez commencer par observer. Juste observer.


Voici votre action concrète pour cette semaine. La prochaine fois que vous sentez la colère monter, ne cherchez pas encore à la gérer. Contentez-vous de l'observer, comme si vous étiez un scientifique qui étudie un phénomène.


Posez-vous ces questions :

  • Où est-ce que je sens la colère dans mon corps ? Est-ce dans ma poitrine ? Dans mes mains ? Dans ma gorge ?
  • Qu'est-ce qui se passe avec ma respiration ? Est-ce qu'elle s'accélère ? Est-ce qu'elle se bloque ?
  • Quelle pensée a déclenché cette colère ? Quelle représentation ai-je de la situation ? Il est contre moi ? Il veut me faire du mal ?

Ne jugez pas vos réponses. Ne cherchez pas à changer quoi que ce soit. Juste observez. Parce que vous ne pouvez pas changer ce que vous ne voyez pas.


Et la première étape pour créer cet espace de liberté entre le stimulus et votre réaction, c'est de voir clairement ce qui se passe en vous.

Notez vos observations

Notez vos observations dans un carnet ou dans votre téléphone. Et puis, après quelques jours, relisez vos notes. Vous allez commencer à voir des schémas, des déclencheurs récurrents, des réactions habituelles. C'est le début de la maîtrise.



⚠️Attention, je dois vous prévenir : il y a d'autres techniques plus spécifiques ou adaptées au cas par cas suivant vos difficultés. Nous verrons les plus importantes dans le prochain épisode, mais sachez que chaque situation peut nécessiter un ajustement particulier.


Donc si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à contacter un professionnel. Si vous sentez que la colère vous emporte régulièrement dans vos conflits et que vous n'arrivez pas à créer cette distance seule, n'hésitez pas à nous contacter chez RESOV'CO.


Nous vous proposons des accompagnements personnalisés en analyse de situation, en coaching et en médiation, qui vous aident à faire ces analyses et ces changements en profondeur.

Conclusion

C'était « Gestion émotionnelle à chaud, quand la théorie se heurte à la réalité », un épisode d'Au cœur du conflit. Pour aller plus loin, retrouvez la transcription de cet épisode et d'autres ressources encore sur notre site RESOV'CO.fr.


Merci de votre écoute. À très bientôt. Et prenez soin de vous.

Karine BIAVA - RESOVCO (2025)

Consultante, coach et médiatrice en résolution de conflits

RESOV'CO Cabinet de Conseils et de Coaching en gestion de conflits – Cabinet de Médiation

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