Découvrez pourquoi vos interprétations automatiques transforment un simple désaccord en guerre ouverte, et comment corriger ces erreurs de perception qui sabotent vos relations avant même que vous ne vous en rendiez compte.
Description
Comprendre le mécanisme invisible qui transforme vos désaccords en conflits
Vos pensées automatiques créent-elles vos conflits ? Ce que vous croyez de l'autre n'est pas la réalité. C'est votre interprétation, votre représentation mentale qui déclenche votre colère. Votre cerveau fabrique des erreurs de perception automatiques qui transforment un simple refus en guerre ouverte.
Les trois erreurs automatiques qui sabotent vos relations
1ère erreur : la personnalisation. Quelqu'un n'est pas d'accord ? Votre cerveau traduit : "Il est contre moi". Vous transformez un désaccord en attaque personnelle. Votre système limbique identifie un ennemi et déclenche la colère. Sauf que vous n'êtes pas dans la savane, mais face à un collègue qui a simplement un autre avis.
2ème erreur : la menace perçue. Quelqu'un menace de partir ou de rompre ? Vous croyez : "Il veut me manipuler". Vous contre-menacez. L'escalade est immédiate.
3ème erreur : l'intention malveillante. Face à l'agressivité, vous pensez : "Il veut me faire du mal". La colère explose pour défendre votre dignité.
Pourquoi ces erreurs systématiques ?
Ce sont des biais cognitifs, des raccourcis mentaux. Votre cerveau reçoit des millions d'informations et prend des raccourcis automatiques. Le biais de confirmation vous fait voir seulement ce qui confirme vos croyances. Le biais d'attribution explique le comportement des autres par leur caractère, mais le vôtre par les circonstances. Le biais de négativité vous fait retenir davantage les mauvaises expériences.
La correction qui transforme tout
En réalité : il n'est pas contre vous, il est pour lui. Il défend ses intérêts, ses peurs. Votre collègue refuse votre proposition ? Peut-être protège-t-il un projet qu'il a construit. Il n'est pas contre vous.
Il a peur lui-même. Si quelqu'un menace de démissionner, demandez-vous : "De quoi a-t-il si peur ?" La curiosité remplace la colère.
Il ne veut pas vous blesser, il souffre. Quelqu'un qui attaque est souvent quelqu'un qui a mal. C'est un animal blessé qui mord. Si vous voyez sa souffrance, vous ne prenez plus rien personnellement.
Un exemple révélateur
Un héritier trouve un acheteur. L'autre refuse : "Il faut attendre". Le premier pense : "Il me bloque". Colère. Une fois calmé, il questionne : "Qu'est-ce qui se passe pour lui ?" Le déclic : vendre était trop tôt, symboliquement violent. La colère tombe. De la haine à la compassion. En changeant sa représentation, il a renforcé la relation.
La technique d'urgence : 6 secondes
La colère met 6 secondes à inonder votre système. Fermez la bouche, inspirez par le nez (4 secondes), expirez par la bouche (4 secondes). Ces 6 secondes évitent l'explosion immédiate.
L'essentiel
Ce ne sont pas les événements qui vous troublent, ce sont vos croyances. Votre cerveau fait 3 erreurs automatiques : biais cognitifs. Celui qui refuse est pour lui, celui qui menace a peur, celui qui blesse souffre. Corrigez votre représentation, la colère tombe. Questionnez vos certitudes. C'est le levier le plus puissant pour transformer vos relations.
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Transcription
Quand Nos Idées Reçues Créent le Conflit : Décrypter les Erreurs de Perception
Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Au Cœur du Conflit. Aujourd'hui, nous allons mettre en lumière ces erreurs de perception que votre cerveau commet automatiquement lors d'un conflit, et je vous donnerai à la fin une technique d'urgence pour éviter l'explosion immédiate.
Points clés de cet épisode
[01:26] Quand vos croyances créent le conflit Les erreurs de perception automatiques qui sabotent vos relations
[02:46] L'erreur de logiciel de votre cerveau Comment votre cerveau fabrique des représentations fausses
[03:06] Croyances et représentations : comprendre la différence Ce que vous pensez n'est pas la réalité
[05:10] Les trois erreurs automatiques qui sabotent vos relations Personnalisation, menace perçue, intention malveillante
[09:07] Les biais cognitifs : pourquoi votre cerveau se trompe Confirmation, attribution, négativité : les raccourcis mentaux toxiques
[11:22] Questionnez vos certitudes Est-ce vraiment vrai ce que vous croyez de l'autre ?
[13:14] Il n'est pas contre vous, il est pour lui La première correction de représentation qui change tout
[14:08] Il n'a pas peur de vous, il a peur lui-même Comprendre la menace comme un signal de vulnérabilité
[16:15] Il ne veut pas vous blesser, il souffre La souffrance derrière l'agressivité
[18:55] Exemple personnel révélateur Un conflit de succession transformé par un changement de représentation
[25:10] La technique d'urgence des 6 secondes Éviter l'explosion immédiate grâce à la respiration
[27:25] Récapitulatif complet Tout ce qu'il faut retenir pour transformer vos conflits
[29:15] Exercice pratique Comment appliquer cette méthode à votre prochain conflit
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Ce ne sont pas les événements qui nous troublent
Socrate le disait déjà il y a 2500 ans : ce ne sont pas les événements qui nous troublent. Ce n'est pas tellement ce que fait l'autre qui vous met hors de vous. Ce n'est pas son refus, ce n'est pas sa colère. Ce qui vous trouble, c'est ce que vous pensez de sa colère. C'est ce que vous croyez de la situation. C'est la représentation que vous vous en faites.
Comprendre ça intellectuellement, ici, au calme, c'est facile. L'appliquer quand vous bouillonnez de colère, quand le cœur bat à 100 à l'heure, quand vous avez envie de dire des choses que vous regretterez, c'est une autre histoire. Nous verrons dans un prochain épisode comment gérer cette montée de température, comment utiliser des techniques psychophysiologiques pour reprendre le contrôle sur les émotions.
Mais aujourd'hui, nous allons attaquer la racine du problème : l'erreur de logiciel, l'erreur de perception qui allume la mèche. Lors d'un désaccord, votre cerveau fabrique des représentations fausses. Et ce sont ces représentations qui fabriquent votre colère.
Qu'est-ce qu'une croyance et une représentation ?
Une croyance, c'est une conviction que vous tenez pour vraie. C'est une interprétation de la réalité que vous ne remettez plus en question. Vous la prenez pour un fait.
En fait, ce sont bien souvent des choses que la société vous a apportées, que votre système familial vous a transmises. Suivant les expériences que vous avez eues, vous avez tiré des convictions que vous tenez pour vraies et que vous ne remettez pas en question.
Une représentation, c'est différent. C'est l'image mentale que vous construisez d'une situation. C'est le film que vous vous faites dans votre tête.
Votre cerveau ne voit pas la réalité brute. Il construit une représentation, une carte mentale. Et cette représentation est nourrie par vos croyances.
⚠️Par exemple : quelqu'un ne vous salue pas dans un couloir. Votre représentation de la scène, c'est "il m'ignore". Votre croyance, c'est "il m'en veut". Cette croyance n'est pas un fait véritable ni vérifiable, c'est une interprétation. Peut-être qu'il ne vous a pas vu, peut-être qu'il était perdu dans ses pensées. Mais votre cerveau a choisi une explication parmi des dizaines possibles. Et cette explication, vous allez la traiter comme si c'était la vérité.
Le problème ? Ces croyances et ces représentations déclenchent vos émotions. Si vous vous représentez la scène comme "il m'ignore" et que vous croyez "il m'en veut", vous ressentez de la colère. Si votre représentation est "il ne m'a pas vu" et votre interprétation "il était distrait", vous ne ressentez rien de particulier.
Vous voyez ? MÊME ÉVÉNEMENT, deux représentations différentes, deux émotions différentes. Le drame, c'est que nous sommes tous convaincus que notre représentation est objective et que notre croyance est la seule lecture possible. Nous confondons notre carte mentale avec le territoire réel.
Les trois erreurs de représentation qui créent le conflit
Selon notre expérience chez RESOV'CO, après avoir accompagné beaucoup de situations conflictuelles, nous observons trois erreurs de représentation qui reviennent systématiquement, trois croyances automatiques qui transforment un simple désaccord en guerre ouverte.
Première erreur : est-ce qu'il est vraiment contre vous ?
La première erreur, c'est la personnalisation. Lorsque quelqu'un n'est pas d'accord avec vous, vous avez tendance à vous représenter la scène comme une attaque et vous croyez qu'il est contre vous.
Imaginez : vous êtes en réunion, vous proposez une idée, un collègue dit "Non, pas du tout, ça ne marchera pas." Instantanément, qu'est-ce qui se passe ? Il devient un ennemi. Il ne critique pas votre idée, il vous attaque personnellement.
Ces mots sont des attaques. Et si votre cerveau, votre système limbique, cette partie archaïque qui gère les menaces, identifie un ennemi ? Il n'a qu'une seule réponse : la colère pour vous donner l'énergie de vous battre. C'est un mécanisme de survie qui date de nos ancêtres. Quand on vivait dans la savane, si quelqu'un était contre vous, votre vie était en danger. Alors le cerveau a appris à réagir vite : colère, préparation au combat.
Le problème ? On n'est plus dans la savane. On est dans une salle de réunion. Et ce réflexe sabote vos relations. C'est la première erreur de représentation : confondre un désaccord avec une agression personnelle.
Deuxième erreur : la menace perçue
La deuxième erreur survient quand le ton monte. Quelqu'un vous menace : il dit qu'il va partir, rompre le contrat, vous poursuivre en justice. Quelle représentation vous construisez ? Vous vous représentez l'autre comme un manipulateur et vous croyez : "Il veut me faire peur, il veut me forcer".
C'est une croyance sur son intention. Vous pensez qu'il a une stratégie pour vous diminuer, pour vous effrayer, qu'il essaie de vous manipuler par la peur. Et si vous pensez ça, que faites-vous ? Vous lui montrez que vous n'avez pas peur. Vous contre-menacez, vous durcissez. L'escalade est immédiate, automatique. Personne n'a envie de se laisser intimider, alors on monte d'un cran, et l'autre monte encore. Voilà comment on passe d'un désaccord à une guerre totale.
Troisième erreur : face à l'agressivité pure
Quelqu'un est blessant, il a des mots durs, il attaque votre personne. Vous vous représentez l'autre comme un bourreau et vous croyez : "Il veut me faire du mal". Vous pensez que son objectif est de vous faire souffrir, que c'est délibéré, calculé.
Si vous croyez ça, la colère surgit instantanément pour défendre votre amour-propre, pour protéger votre dignité. Et vous allez vouloir contre-attaquer, lui faire mal en retour. Œil pour œil, dent pour dent. Mais là encore, est-ce vraiment son intention ?
Pourquoi notre cerveau fait-il ces erreurs ?
Ce type d'erreur, c'est ce qu'on appelle les biais cognitifs. Notre cerveau déforme la réalité pour simplifier le monde. Notre cerveau reçoit des millions d'informations chaque seconde. Il ne peut pas toutes les traiter consciemment. Alors il prend des raccourcis. Il fait des généralisations. Il remplit les blancs avec ce qu'il connaît déjà.
Ces raccourcis, ce sont les biais cognitifs. Il en existe des dizaines. Cela dépend de votre culture, de la société, du système familial dans lequel vous êtes, des expériences que vous avez pu avoir.
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Nous consacrerons un épisode d'expertise complet aux biais cognitifs, tant le sujet est fascinant et crucial pour comprendre vos conflits. Mais pour l'instant, restons concentrés sur les trois représentations automatiques que nous avons sélectionnées, parce que ce sont elles qui sabotent vos relations au quotidien.
Questionnez vos certitudes
En réalité, ce que je pense, ce que je me dis de ce que j'ai vu, est-ce vraiment vrai ? Questionnez aussi vos croyances :
• Est-ce vrai que quelqu'un qui refuse est contre vous ?
• Est-ce vrai que quelqu'un qui menace veut vous faire peur ?
• Est-ce vrai que quelqu'un qui blesse a pour objectif de vous faire du mal ?
Ça vaut le coup de mettre ces certitudes à l'épreuve. Parce que si vous vous trompez sur l'intention de l'autre, vous allez réagir de façon totalement inadaptée. Et c'est exactement ce qui transforme un désaccord en conflit durable.
Première croyance : "Il est contre moi"
Si vous chaussez vos lunettes de vision profonde, si vous prenez du recul, vous allez comprendre une vérité toute simple : il n'est pas contre vous, il est juste pour lui (ou elle est juste pour elle). Ce n'est pas parce que c'est vous qui êtes là qu'il dit non. Ce n'est pas personnel. Il a un intérêt à défendre : le sien, quelque chose à protéger, ses propres enjeux, ses propres besoins, ses propres peurs, ses propres croyances, sa propre lecture de ce qui se passe.
Par exemple : vous proposez de changer de fournisseur, un collègue dit non. Vous pensez "Il bloque toujours mes initiatives." Mais peut-être qu'il a passé deux ans à construire une relation avec ce fournisseur. Peut-être qu'il a peur que ça se passe mal avec le nouveau. Peut-être que son évaluation annuelle dépend de la stabilité de cette relation.
Il n'est pas contre vous. Il est pour la sécurité de son projet, pour la protection de son travail. Vous le voyez comme quelqu'un qui est pour lui. Et ça change tout. Vous aussi, vous êtes pour vous. Vous défendez vos intérêts. Vous êtes dans le même bateau.
Dès que vous remplacez la représentation "il est contre moi" par "il est pour lui", la colère diminue. Il n'y a plus d'ennemi, juste un autre être humain avec ses propres besoins. Deux personnes qui défendent leurs intérêts, ça se négocie, ça se discute. Mais deux ennemis, ça s'affronte.
Deuxième croyance : "Il veut me faire peur"
Maintenant, la deuxième croyance : la menace. "Il veut me faire peur." Quel serait le contraire de cette représentation ? Peut-être qu'il défend quelque chose de vital pour lui, donc il a peur de perdre quelque chose.
Si vous changez votre représentation, si vous le voyez comme quelqu'un qui a peur et non comme quelqu'un qui veut vous effrayer, votre émotion change radicalement. Pensez-y : on n'a pas envie d'attaquer quelqu'un qui a peur. On a plutôt envie de comprendre ce qui le terrorise.
Par exemple : un collaborateur dit "Si vous faites ça, je démissionne." Votre première représentation peut être "Il me fait du chantage, il veut m'intimider." Et si vous vous disiez "Tiens, il a peur ? Il a peur de quoi pour aller jusqu'à menacer de démissionner ?" Peut-être qu'il a peur de perdre sa crédibilité, de ne plus avoir de contrôle sur son travail.
Au lieu de vous dire "Il veut jouer à ça ! Qu'il démissionne", vous vous dites "De quoi a-t-il si peur pour me menacer comme ça ?" La curiosité arrive, la colère tombe. Et la curiosité, c'est ce qui ouvre le dialogue, c'est ce qui permet de résoudre vraiment le problème.
Un conflit, ce n'est jamais juste ce que vous voyez en surface. C'est toujours quelque chose de plus profond qui se joue. C'est justement sur ça que nous travaillons chez RESOV'CO : aller au cœur du conflit, mettre à jour les enjeux visibles.
Troisième croyance : "Il veut me faire mal"
Pour celui qui est blessant, il y a un dicton : "Il n'est point de méchant, il n'est que de souffrant." Quelqu'un qui attaque, qui essaie de blesser, c'est souvent quelqu'un qui a mal. Il essaie de se soulager d'une douleur intense. C'est comme un animal blessé qui mord. Il ne mord pas parce qu'il est méchant. Il mord parce qu'il a mal, parce qu'il a une blessure, parce qu'il se sent faible quelque part.
Quand vous blessez les autres (cela nous arrive à tous), est-ce parce que vous êtes un monstre ? Non. C'est parce qu'à ce moment-là, souvent, c'est insupportable pour vous. Vous avez mal, vous vous sentez coincé, incompris, méprisé, alors vous attaquez.
Si vous arrivez à changer votre représentation, si vous voyez l'autre non pas comme un bourreau mais comme quelqu'un qui souffre et qui ne sait pas gérer sa souffrance autrement, vous ne le prenez plus personnellement. C'est juste l'aveu d'une vulnérabilité chez lui.
⚠️Attention : ça ne veut pas dire que vous acceptez de vous faire insulter. Non. Ça veut dire que vous comprenez ce qui se passe vraiment. Et vous pouvez dire : "Je vois que c'est très difficile pour toi. Je vois que tu as très mal. Mais je ne peux pas accepter que tu me parles comme ça. On va faire une pause." Vous posez une limite, sans contre-attaquer, sans blesser en retour. Juste poser une limite. Et ça, c'est la vraie force : l'intelligence émotionnelle.
Sans intelligence émotionnelle, pas de négociation qui fonctionne vraiment. Les techniques, le juridique, l'organisation, tout ça c'est nécessaire. Mais si vous ne traitez pas le psycho-émotionnel, vous n'arrivez à rien de durable.
Un exemple personnel révélateur
Je vais vous donner un exemple personnel pour vraiment ancrer tout ça. Un membre de notre famille est décédé il y a quelques années. Il y avait un bien immobilier à partager entre héritiers. Un héritier avait besoin de cet argent pour un projet professionnel important. Il avait trouvé un acheteur. Le prix était légèrement inférieur à l'estimation haute, mais c'était un bon prix, réaliste.
Il appelle un autre héritier et lui dit "J'ai un accord, on peut vendre." L'autre lui répond sèchement : "Non." Pourquoi ? "Ce n'est pas le bon prix, il faut attendre." Combien de temps ? Indéfiniment.
À ce moment-là, quelle représentation le premier a-t-il construite ? Il se représente la scène comme "Il me bloque exprès". Et sa croyance ? "Il est contre moi. Il veut m'empêcher de réaliser mon projet." La colère monte en flèche. Il était prêt à dire à l'autre des choses horribles, à détruire la relation, à aller voir un avocat pour forcer la vente.
Heureusement, il a appliqué une pause. On en parlera plus en détail dans un prochain épisode. Mais là, il a dit simplement "Ok, on en reparle." Une fois calmé, il a questionné sa croyance : "Est-ce qu'il veut vraiment m'embêter ? Ce n'est pas son genre. Alors quoi ? Qu'est-ce qui se passe pour lui ?"
Et là, il a eu un déclic : c'est trop tôt. Ça ne faisait pas assez longtemps que le décès avait eu lieu. Pour lui, vendre maintenant, c'était brader la mémoire. C'était comme si on se débarrassait trop vite de la personne disparue. C'était symboliquement violent.
Toute la colère du premier est tombée d'un coup. De la haine à la compassion en une seconde. Ce n'était pas contre lui, c'était de l'amour pour le défunt. C'était du respect, c'était de la douleur.
Il a donc appelé, quelques jours plus tard, l'autre héritier : "En fait, c'est que c'est trop tôt pour toi. C'est ça ? C'est que tu ne veux pas qu'on brade symboliquement ce qu'on nous a légué, c'est ça ?" Silence. Et puis, d'une voix émue : "Oui, c'est exactement ça. Tu sais, je n'ai même pas réussi à effacer son numéro de mon téléphone." Le premier de dire : "Moi non plus." Ils étaient connectés, vraiment.
Si le premier était resté sur sa représentation "Il est contre moi", il aurait détruit la relation, il aurait peut-être forcé la vente par la justice, et ils ne se seraient plus jamais parlé. En changeant sa représentation, en remettant en question sa croyance, il a non seulement préservé la relation, il l'a renforcée.
C'est ça que nous pensons être le vrai travail de résolution de conflits chez RESOV'CO : ce n'est pas juste trouver un compromis sur les chiffres ou les décisions. C'est comprendre ce qui se joue vraiment pour l'autre. C'est désamorcer les cercles vicieux avant qu'ils ne s'installent.
La clé : ne rien prendre personnellement
On pourrait résumer tout cet épisode en une phrase : NE PRENEZ RIEN PERSONNELLEMENT. Facile à dire. Tout le monde connaît ce conseil. Mais maintenant, vous savez pourquoi vous ne devez pas le prendre personnellement. Et surtout, vous savez comment :
- Celui qui refuse n'est pas contre vous, il est en fait pour lui, il défend ses intérêts.
- Celui qui menace ne veut pas vous faire peur, il a en fait peur lui-même, il protège quelque chose de vital.
- Celui qui blesse ne veut pas vous faire mal, il est en fait en souffrance, il évacue sa douleur.[/item
Si vous corrigez la représentation, si vous changez votre croyance sur l'intention de l'autre, l'émotion négative n'a plus de raison d'être. Elle s'éteint. Vous voyez, c'est mécanique : ce sont vos croyances qui créent vos émotions. Changez la croyance, changez l'interprétation, l'émotion change.
Mais attention, ça ne se fait pas tout seul. Ça demande une vraie discipline mentale, un entraînement. Remettre en question vos certitudes, c'est difficile. Parce que nous sommes tous convaincus que notre vision du monde est la bonne.
Nous vivons chacun dans notre bulle de réalité. Ce que vous voyez n'est pas ce que l'autre voit. Nous pensons tous que notre vision du monde EST la vision du monde, que ce qui est évident pour nous l'est pour l'autre, que notre façon de voir les choses est objective.
Imaginez : vous avez grandi dans une famille où on disait toujours ce qu'on pensait, directement. Pour vous, la franchise, c'est du respect. Quelqu'un qui tourne autour du pot, c'est quelqu'un de faux. Mais votre collègue a grandi dans une famille où on ne se disait jamais les choses en face. Pour lui, la franchise directe, c'est de l'agressivité. Quelqu'un qui parle cash, c'est quelqu'un de brutal.
Même comportement, deux représentations opposées, deux interprétations opposées. C'est pour cela que s'intéresser à l'autre n'est pas un acte de charité. Ce n'est pas pour être gentil. C'est un acte d'intelligence stratégique.
Si vous voulez que l'autre vous dise oui, si vous pensez que l'autre a quelque chose à vous apporter, si vous voulez résoudre le désaccord, si vous voulez ne pas rester dans le conflit, vous devez comprendre sa réalité, pas imposer la vôtre.
C'est exactement pour ça que l'analyse est si fondamentale dans notre approche chez RESOV'CO. L'analyse détermine tout ce qui suit. Si vous ratez l'analyse, si vous ne comprenez pas ce qui se joue vraiment pour l'autre, toutes vos stratégies vont échouer.
La technique d'urgence : la règle des 6 secondes
Je vous l'ai dit au début : tout ça, c'est bien beau quand on est calme. Mais quand la colère vous submerge, quand vous êtes dans le feu de l'action, votre cerveau rationnel se déconnecte, littéralement. En attendant l'épisode (ou les épisodes) complets sur la gestion des émotions, où nous verrons des techniques psychophysiologiques précises, voici une technique d'urgence, toute simple, à utiliser dès maintenant.
La règle des 6 secondes
La chimie de la colère (cortisol, adrénaline) met environ 6 secondes à inonder votre système. Si vous arrivez à ne rien faire, ne rien dire pendant 6 secondes, vous récupérez une petite part de votre intelligence. Juste assez pour ne pas faire l'irréparable.
Voici comment :
- 1. Fermez la bouche, littéralement. Serrez les lèvres. Ça empêche les mots de sortir. Certains diraient : mordez-vous la langue.
- 2. Inspirez lentement par le nez en comptant jusqu'à 4 : 1, 2, 3, 4.
- 3. Expirez lentement par la bouche en comptant jusqu'à 4 : 1, 2, 3, 4.
6 bonnes secondes de silence respiratoire. Ça ne résout pas le conflit, ça ne fait pas disparaître votre colère, mais ça évite l'explosion immédiate. Surtout quand c'est un petit désaccord, ça évite de dire cette phrase que vous regretterez, d'envoyer ce message que vous ne pourrez plus effacer.
Ces 6 secondes vous donnent la lucidité pour vous dire "Je suis en colère, mais je vais répondre plus tard" ou bien "Je vais faire un tour" ou bien "Je vais attendre et réfléchir à comment reprendre la situation."
C'est tout, mais c'est déjà énorme. Et pour maîtriser ça, il faut s'entraîner. La plupart des dégâts dans un conflit, ce ne sont pas les désaccords qui les causent. Ce sont les réactions à chaud, les mots qu'on lance sans réfléchir.
Retenez : 6 secondes, fermez la bouche, respirez, comptez. Ça peut sauver vos relations.
Récapitulatif : tout ce qu'on a vu aujourd'hui
Première idée fondamentale : ce ne sont pas les événements qui vous troublent, ce sont vos croyances, vos interprétations, vos représentations. Une croyance est une interprétation que vous ne remettez plus en question. Une représentation, c'est l'image mentale que vous construisez.
Deuxième idée : votre cerveau fait trois erreurs automatiques. Il se représente l'autre comme un ennemi, comme un manipulateur, comme un bourreau. Il croit que l'autre est contre vous, qu'il veut vous faire peur, qu'il veut vous faire mal. Ces représentations sont fausses la plupart du temps.
Troisième idée : ces erreurs sont des biais cognitifs, des raccourcis mentaux. Il en existe des dizaines. Nous avons évoqué le biais de confirmation, le biais d'attribution, le biais de négativité, et nous y consacrerons un épisode complet.
Quatrième idée : en réalité, celui qui refuse est pour lui, celui qui menace a peur, celui qui blesse souffre. Si vous corrigez votre représentation, votre colère tombe.
Le travail à faire : doutez de votre première impression. Questionnez vos certitudes. Est-ce vrai ? Est-ce vraiment vrai ? C'est un travail invisible, difficile. Mais selon nous, c'est sans doute le levier le plus puissant pour transformer vos relations.
Les mêmes mécanismes psychologiques jouent partout : au travail, à la maison, avec vos associés, avec votre famille. Impossible de laisser vos soucis à la porte. C'est pour ça que chez RESOV'CO, nous nous spécialisons dans les conflits complexes, ces situations où tout est mêlé, où les enjeux financiers, affectifs, de pouvoir sont entremêlés.
Un petit exercice pour vous
La prochaine fois que quelqu'un vous met en colère :
- 1. Les 6 secondes : fermez la bouche et respirez.
- 2. Identifiez votre croyance et votre représentation : "Je me représente la scène comme..." "Je crois qu'il veut..."
- 3. Questionnez votre interprétation : Est-ce vraiment vrai ? Qu'est-ce qui pourrait aussi expliquer son comportement ?
- 4. Observez ce qui change dans votre émotion.
Vous ne serez peut-être pas d'accord avec sa position, mais vous comprendrez peut-être mieux d'où il vient. C'est juste un exercice d'observation. Vous n'êtes pas obligé de tout résoudre. Juste observer.
Si vous sentez que vous êtes coincé dans un conflit, que les émotions sont trop fortes ou que vous n'arrivez pas à démêler tout ça seul, n'hésitez pas à nous contacter chez RESOV'CO. Nous proposons des accompagnements personnalisés en coaching et médiation qui vous aident à faire cette analyse en profondeur et à adapter les méthodes aux cas particuliers.
Nous vous aidons à comprendre ce qui se joue vraiment, à sortir des cercles vicieux. Parfois, il faut un regard extérieur, quelqu'un qui n'est pas pris dans le conflit, quelqu'un qui peut vous aider à voir ce que vous ne voyez pas.
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter notre site www.resovco.fr. Si vous avez des questions, des situations dont vous aimeriez qu'on parle, écrivez-nous. Vos questions nourrissent notre réflexion. Vos situations réelles nous aident à créer des épisodes encore plus utiles.
Une dernière réflexion
Dans chaque conflit, il y a deux chemins possibles :
Le premier, c'est celui de la certitude : "Je sais ce qu'il veut, il est contre moi." Ce chemin mène à l'escalade, à la rupture.
Le deuxième, c'est celui de la curiosité : "Je ne sais pas vraiment ce qui se passe pour lui. Je vais essayer de comprendre." Ce chemin mène à la connexion, à la résolution.
Quel chemin allez-vous choisir ?
Dans notre prochain épisode, nous irons plus loin : comment gérer cette vague émotionnelle ? Comment utiliser des techniques psychophysiologiques à chaud ? Et dans un épisode futur, nous explorerons en profondeur tous les biais cognitifs qui sabotent vos relations.
C'était "Quand nos idées reçues créent le conflit", un épisode d'Au Cœur du Conflit. Pour aller plus loin, retrouvez la transcription de cet épisode sur resovco.fr.
Merci de votre écoute. À très bientôt, et prenez soin de vous.
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Karine BIAVA - RESOVCO (2025)
Consultante, coach et médiatrice en résolution de conflits
RESOV'CO Cabinet de Conseils et de Coaching en gestion de conflits – Cabinet de Médiation
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