Pourquoi vos explications aggravent parfois la situation ? Méfiance, contrôle, émotions, évitement : découvrez comment repérer ce qui pilote l’autre pour choisir une réponse plus juste.
Description
Conflit difficile : comment ajuster votre stratégie face à quelqu’un qui se braque ?
Vous êtes face à une personne qui se méfie, explose, contrôle tout, refuse de reconnaître ses torts ou dit oui sans jamais tenir ? Dans un conflit difficile, le piège est souvent de croire qu’il faut expliquer davantage, rassurer davantage ou confronter plus directement. Pourtant, plus vous insistez, plus la situation peut se durcir.
Pourquoi vos efforts aggravent parfois le conflit ?
Cet épisode d’Au Cœur du Conflit vous aide à comprendre ce qui pilote réellement certaines réactions : la méfiance, l’atteinte à l’image de soi, le débordement émotionnel, le besoin de contrôle, l’évitement, la peur, ou une blessure ancienne réactivée. L’enjeu n’est pas de diagnostiquer l’autre, mais de repérer le levier stratégique qui permet d’agir plus justement.
Adapter votre réponse ne veut pas dire céder
Ajuster votre stratégie ne signifie pas vous soumettre, excuser l’autre ou renoncer à vos limites. Cela signifie cesser de donner des coups dans le vide. Vous ne répondez pas de la même manière à une personne méfiante, à une personne honteuse, à une personne débordée ou à quelqu’un qui fonctionne uniquement avec le cadre, les règles et les limites.
- Comprendre ce qui pilote l’autre sans coller d’étiquette psychologique.
- Éviter les réponses qui aggravent : trop justifier, trop rassurer, trop confronter.
- Choisir le bon niveau d’action : clarifier, cadrer, temporiser, protéger ou demander l’aide d’un tiers.
Un épisode pour reprendre de la lucidité dans les conflits complexes
Si votre conflit tourne en boucle, si vous ne savez plus quoi dire, si l’autre vous semble irrationnel, manipulateur, instable ou impossible à comprendre, cet épisode vous donne une lecture plus précise : parfois, le problème n’est pas l’absence de solution, mais l’utilisation du mauvais levier au mauvais moment.
Si vous voulez en savoir plus pour votre cas personnel, n'hésitez pas à nous contacter sur https://www.resovco.fr/contact
Abonnez-vous au podcast "Au Coeur du Conflit" pour ne manquer aucun épisode et transformer votre compréhension des conflits : https://podcast.ausha.co/au-coeur-du-conflit
Suivez notre chaine YOUTUBE "Au coeur de Vos Conflits" - https://www.youtube.com/@aucoeurdevosconflits
Suivez notre page INSTAGRAM "Au coeur du Conflit" - Instagram Podcast
Suivez notre page FACEBOOK "Au coeur du Conflit" - Page Facebook "Au coeur du Conflit"
Cabinet RESOVCO - Cabinet de Conseils et de Coaching en gestion de conflits - Cabinet de Médiation
Site RESOV'CO - https://www.resovco.fr
Transcription
Idée centrale de l’épisode : dans un conflit complexe, votre pouvoir ne vient pas de votre capacité à changer l’autre, mais de votre capacité à lire ce qui pilote réellement sa réaction et à choisir le bon levier d’action.
Dans cet épisode d’Au Cœur du Conflit, nous explorons les situations où les réponses habituelles ne marchent plus : expliquer, rassurer, confronter, demander à l’autre de se calmer, attendre qu’il reconnaisse ses torts ou espérer qu’il comprenne enfin votre souffrance.
⚠️Quand le conflit active la méfiance, l’image de soi, la peur, la honte, le contrôle ou une blessure ancienne, la stratégie doit changer. Sinon, vous risquez d’alimenter exactement ce que vous cherchez à diminuer.
Points clés de cet épisode
[00 : 00 : 00] Annonce
Le cadre de l’épisode et la promesse d’une approche stratégique
[00 : 00 : 26] Face à quelqu’un de difficile
Pourquoi votre méthode habituelle ne suffit plus
[00 : 02 : 40] Changer l’autre ou changer de lecture
La bascule stratégique qui évite l’épuisement
[00 : 04 : 23] Quand la méfiance pilote le conflit
Réduire l’ambiguïté au lieu de demander la confiance
[00 : 05 : 57] Quand l’identité se sent attaquée
Sortir du duel symbolique sans céder sur le fond
[00 : 08 : 21] Quand l’émotion déborde
Contenir d’abord pour pouvoir clarifier ensuite
[00 : 10 : 27] Le oui qui ne tient pas
Repérer l’accord de soulagement avant qu’il se défasse
[00 : 12 : 20] Le besoin de contrôle
Canaliser la sécurité plutôt que demander de lâcher prise
[00 : 16 : 18] Quand une blessure ancienne s’active
Ne pas confondre réaction actuelle et histoire réveillée
[00 : 23 : 14] Ajuster sans tout accepter
Choisir entre comprendre, cadrer et protéger
[00 : 26 : 54] Deux outils pour choisir le bon levier
Identifier ce qui pilote l’autre et tester une autre réponse
[00 : 29 : 06] La vraie sortie du conflit complexe
Cesser de vouloir changer l’autre pour reprendre du pouvoir
Cliquez sur le timing pour commencer le chapitre. La lecture commencera 1s après.
Face à quelqu’un de difficile
Aujourd'hui, une fois qu'on a arrêté de diagnostiquer l'autre, que fait-on concrètement Comment adapter sa stratégie en conflit selon ce qui pilote réellement la personne en face Dans cet épisode au cœur du conflit, nous allons mettre en lumière les leviers stratégiques réels face aux profils les plus difficiles à gérer en situation de conflit. Sans psychologiser sauvagement, sans se soumettre et sans s'épuiser à vouloir changer quelqu'un qu'on ne changera pas. Et je vous donnerai à la fin deux outils concrets pour identifier le bon levier et choisir la bonne réponse dans votre situation. Si vous êtes en conflit ou si le sujet vous intéresse, écoutez jusqu'au bout.
Vous y trouverez des clés essentielles. C'est parti Alors, il y a une phrase que personne n'aime entendre quand on est en conflit. Une phrase frustrante, une phrase qui irrite et pourtant une phrase libératrice. La voici Vous ne changerez probablement pas l'autre Pas parce que les gens ne changent jamais. Pas parce que toute personne difficile est condamnée à le rester. Pas du tout.
Mais parce qu'en situation de conflit, surtout quand les enjeux sont importants, les blessures activées, les défenses mobilisées, vous n'êtes généralement pas dans la bonne position pour transformer la structure psychique de la personne en face Et pourtant, c'est exactement ce que la majorité des gens essaient de faire. Ils veulent faire reconnaître à quelqu'un de méfiant qu'il exagère. Ils veulent faire entendre à quelqu'un blessé dans son image qu'il blesse les autres. Ils veulent convaincre quelqu'un d'explosif de se calmer. Ils veulent faire admettre à quelqu'un de contrôlant qu'il doit lâcher. Ils veulent obtenir d'une personne instrumentale qu'elle comprenne la souffrance causée.
Comme ça ne marche pas, ils intensifient plus d'explications, plus d'arguments, plus de preuves, plus d'indignation, plus de justification Et en intensifiant, ils aggravent précisément ce qu'ils voulaient faire diminuer.
Changer l’autre ou changer de lecture
La bascule stratégique, c'est de comprendre ceci. Votre pouvoir ne réside pas dans la transformation de l'autre, il réside dans la qualité de votre lecture et dans la justesse de votre ajustement. Avant d'aller plus loin, il faut démystifier quelque chose. Beaucoup de personnes entendent adapter sa stratégie et pensent se soumettre. Si j'adapte, c'est que je cède. Si j'ajuste, c'est que j'accepte son fonctionnement. Si je ne confronte pas directement, c'est que j'évite Eh bien non, adapter sa stratégie, c'est arrêter de donner des coups dans le vide, c'est cesser d'utiliser un outil qui ne marche pas. C'est choisir un mode d'action qui tient compte de la réalité en face.
Quand vous êtes mécanicien, vous n'utilisez pas un tournevis pour visser un boulon. Pas par faiblesse, par efficacité. Et en conflit, c'est exactement pareil. Vous ne parlez pas à un système menacé comme à un système honteux. Vous ne parlez pas à un système désorganisé comme à un système de mauvaise foi Vous ne parlez pas à un système traumatisé comme à un système calculateur. Et ajuster cela, ce n'est pas une capitulation, c'est de la précision. Donc, dans l'épisode précédent, nous avons passé en revue toutes ces étiquettes que l'on colle en conflit. Paranoïaques, toxiques, manipulateurs, borderline, bipolaires, psychopathes.
Et nous avons vu pourquoi ces étiquettes sont presque toujours inexactes. Mais la question que vous vous posez, en fait, légitimement, c'est D'accord, je n'étiquette plus, alors qu'est-ce que je fais Voici la réponse.
Quand la méfiance pilote le conflit
En fait, mécanisme par, mécanisme Alors, le premier profil, c'est la personne pilotée par la méfiance. Vous reconnaissez ce profil. Elle vérifie tout, elle pose des questions dont vous sentez qu'elle connaît déjà la réponse. Elle relève les incohérences. Elle lit vos silences comme des aveux. Elle soupçonne. Erreur classique la rassurer affectivement. Mais fais-moi confiance, ou Je vous assure que mes intentions sont bonnes ou Vous pouvez compter sur moi Ce type de discours peut aggraver la méfiance. Pourquoi Eh bien parce que le problème n'est pas d'abord émotionnel. Le problème est cognitif. Le cadre est flou, imprévisible, ambigu. Et cette personne remplit les blancs par la menace.
Plus vous êtes vague, plus elle invente. Plus vous êtes chaleureux sans substance, plus elle se demande ce que vous cherchez à lui faire avaler La bonne stratégie n'est pas affective, elle est structurelle. La cohérence Faites ce que vous avez dit. La traçabilité Documentez, confirmez par écrit, laissez des traces. Prévisibilité Annoncez ce que vous allez faire avant de le faire. Clarté des règles Expliquez les étapes, les délais, les conditions. Réduction de l'ambiguïté Moins de sous-entendus, moins d'implicites, moins de On verra Vous ne lui demandez pas de faire confiance, vous réduisez les raisons fonctionnelles de se méfier.
Quand l’identité se sent attaquée
C'est moins romantique, mais ça peut être quand même plus efficace. Le deuxième profil, c'est la personne en atteinte identitaire. Et dans l'épisode précédent, nous avons introduit deux concepts importantsL'atteinte identitaire, c'est le moment où la personne vit le conflit non plus comme un désaccord sur des faits, mais comme une menace sur ce qu'elle est. Et le duel identitaire, c'est quand les deux parties sont simultanément en atteinte identitaire et que chaque échange devient une question de survie symbolique. Vous reconnaissez cette situation Elle ne supporte pas d'être contredite en public. Elle contre-attaque quand on touche à sa réputation.
Elle ne reconnaît jamais ses torts directement. Elle reformule les faits de façon à se sortir de toute responsabilité. Et si vous la confrontez, elle escalade. Erreur classique la confrontation frontale. Je vais lui dire ses quatre vérités. Il faut qu'il admette ses torts. Je vais le remettre à sa place. En pratique, vous allumez le duel identitaire. Et dans un duel identitaire, personne ne gagne vraiment. Surtout pas l'accord que vous cherchez. Plus vous humiliez, même involontairement, plus vous rigidifiez. Plus vous cherchez à démontrer publiquement qu'elle ou il a tort, plus elle ou il déforme, attaque, retourne. Le conflit de fond cède la place au duel identitaire.
Et dans ce duel, l'enjeu n'est plus le problème initial. L'enjeu devient qui va survivre symboliquement La bonne stratégie laisser une porte de sortie honorable. Cela ne veut pas dire valider ce qui est faux. Cela ne veut pas dire céder sur le fond. Cela veut dire permettre à cette personne de revenir au réel sans avoir le sentiment de s'y écraser. Formuler différemment. Pas vous avez tort, mais voici ce que je propose. Évitez les arènes publiques. Ce qui peut être dit à deux doit le rester à deux. Distinguez la personne du comportement. Ce n'est pas elle qui est en cause, c'est ce point précis. Laissez de l'espace.
Quand l’émotion déborde
Une décision prise sans honte se tient dans le temps. Vous n'êtes pas là pour flatter. Vous êtes là pour ne pas déclencher la guerre qui vous empêchera d'avancer, vous. Le troisième profil, c'est la personne pilotée par l'émotion débordante. Dans l'épisode précédent, nous avons évoqué ces situations où quelqu'un monte très vite, pleure, accuse, appelle, menace, puis revient. La tentation dans ces cas-là est de vouloir raisonner. Je vais lui expliquer calmement. Je vais lui montrer que sa réaction est disproportionnée. Je vais lui montrer avec des faits. Ce réflexe est compréhensible. Il est presque toujours contreproductif. Voilà pourquoi.
Parce que quand l'intensité émotionnelle atteint un certain seuil, le système nerveux bascule Et les recherches en neurosciences montrent clairement que passé ce seuil, les capacités d'intégration cognitive s'effondrent. La personne n'est pas idiote, elle est envahie. Elle ne manque pas d'intelligence, elle manque de régulation dans ce moment précis. Argumenter à ce moment-là, c'est parler à quelqu'un qui ne peut pas vous entendre. La bonne stratégie contenir d'abord, clarifier ensuite.
Contenir, ce n'est pas fusionner, ce n'est pas acquiescer à tout, ce n'est pas abandonner votre position, c'est ralentir le rythme, c'est réduire l'intensité de l'échange, c'est reconnaître l'émotion sans valider chaque contenu, c'est limiter les enjeux dans l'immédiat. Je comprends que c'est difficile. Je propose qu'on reprenne ça dans un moment plus calme. C'est ne pas abandonner, mais ne pas enfoncer non plus. Le bon ordre n'est pas. J'ai raison d'abord, j'apaise ensuite. Le bon ordre est je baisse la charge d'abord, je reviens au fond ensuite.
Le oui qui ne tient pas
Et baisser la charge ne vous coûte rien sur le fond. Cela vous donne juste un interlocuteur à nouveau capable de penser. La quatrième personnalité ou le quatrième profil, c'est la personne qui dit oui, mais ne tient pas Ce profil est moins visible, mais il est extrêmement fréquent et il génère une frustration très particulière. Parce que vous croyez avoir conclu, vous croyez avoir un accord, vous croyez que l'autre est d'accord et quelques jours plus tard, rien n'a bougé ou la personne se rétracte. Ou elle vous en veut silencieusement pour quelque chose où elle a pourtant dit oui. Ce qui s'est passé, c'est qu'il n'y avait pas d'accord. Il y avait un soulagement.
Cette personne a dit oui pour mettre fin à la tension, pour ne pas vous décevoir, pour ne pas perdre votre approbation, pour éviter la confrontation qu'elle ne sait pas tenir. Et maintenant, elle ne peut pas tenir ce oui. Erreur classique croire l'accord acquis. Aller plus vite. Enchaîner sur la prochaine étape. La bonne stratégie, c'est de vérifier le consentement réel. Ralentir avant de conclure. Poser des questions qui permettent de dire non. Êtes-vous vraiment à l'aise avec ça Faire reformuler. Qu'est-ce que tu vas faire concrètement Créer assez sécurité pour que le non soit possible. Si ce n'est pas faisable pour vous, c'est important de le dire maintenant. Sécurisez le non.
Un non maintenant vaut mieux qu'un oui qui ne tient pas. Parce qu'un accord qui repose sur de la peur ne tient pas.
Le besoin de contrôle
Il se défait, il se retourne ou il laisse un ressentiment qui empoisonne la suite. Un vrai accord, même partiel, tient. Le cinquième profil, la personnalité pilotée par le besoin de contrôle. Elle vérifie chaque détail. Elle revient sur des points déjà conclus. Elle rouvre ce qui était fermé. Elle exige des procédures précises. Elle ne supporte pas l'approximation. Elle semble incapable de lâcher. Erreur classique lui demander de lâcher. Il faut que vous fassiez confiance au processus. Tu ne peux pas tout contrôler. Lâchez prise. Lâchez prise est probablement la formule la plus inefficace qui existe dans les conflits.
Parce que plus quelqu'un se sent dans le chaos, plus son besoin de contrôle augmente. C'est une réponse adaptative, pas un défaut de caractère. Et donc, dans un conflit, le chaos est très rapidement présent. Et quand on est en insécurité profonde, on resserre. C'est une mécanique de survie. La bonne stratégie canaliser ce besoin, pas le combattre, donner des critères clairs. Voici les trois points qui comptent vraiment dans cet accord. Hiérarchisez. Ce point est essentiel, cet autre est secondaire. Fixez un seuil du suffisant. À partir de quand peut-on considérer que c'est acceptable Séquencer. Voici ce qu'on règle maintenant. Voici ce qu'on verra dans un second temps.
Structurez le processus. Étapes, délais, responsabilités clairement nommées. Vous ne lui demandez pas de se transformer. Vous lui donnez un cadre dans lequel son besoin de maîtrise peut s'exercer sans bloquer le tout. Et souvent, dans ce cadre, cette même personne, perçue comme rigide, devient capable de flexibilité. Parce qu'elle n'a plus peur de tomber dans le vide. Le sixième profil, c'est la personne pilotée par l'intérêt et le rapport de force. Ce profil est souvent le plus difficile à accepter. Parce que nous voulons croire que tout le monde est sensible à la souffrance causée. Que si on explique suffisamment ce que l'on a vécu, l'autre va comprendre, ressentir, se corriger.
Parfois, oui. Mais dans certains cas, ce levier, la culpabilité, l'empathie, l'appel moral est tout simplement faible. Pas parce que la personne est un monstre, mais parce que son mode de lecture du conflit est dominé par l'intérêt, le coût, le risque et le rapport de force. Qu'est-ce que j'ai à gagner Qu'est-ce que ça me coûte de céder Quel est l'espace de nuisance dont je dispose Est-ce que cette personne peut vraiment me mettre en difficulté Si vous continuez à parler de souffrance à quelqu'un qui lit en termes de coûts et de bénéfices, vous vous épuisez. La bonne stratégie parler le langage qui est entendu. Pas l'émotion, le cadre. Pas la culpabilité, les conséquences.
Pas le récit de votre douleur, les faits documentés. Pas l'appel à la bonne volonté, la règle, le tiers, la limite. Ce n'est pas du cynisme, c'est de la lucidité. Et la lucidité vous protège. Le septième profil, c'est la personne dont la réaction vient d'un trauma activé.
Quand une blessure ancienne s’active
Ce profil est peut-être le plus mal lu de tous et c'est celui qui génère le plus de malentendus, y compris chez des personnes de bonne volonté. Vous êtes dans un conflit. La personne réagit de façon que vous jugez disproportionnée. Elle panique pour quelque chose qui vous semble anodin. Elle se rigidifie sur un point apparemment mineur. Elle vous accuse de choses qui n'ont rien à voir avec ce que vous faites. Elle surinterprète vos silences, vos délais, vos formulations. Et vous pensez C'est de la manipulation. Elle exagère. C'est une prise d'otage émotionnelle. Mais voici ce qui peut se passer La situation présente à activer quelque chose. Quelque chose d'ancien. Une blessure préexistante.
Une expérience passée de trahison, d'abandon, de mépris, d'humiliation, de violence. Et le système nerveux, pas l'intelligence, pas la volonté, pas le caractère, le système nerveux a lu le danger. Quand cela se produit, la personne n'est plus tout à fait dans la situation présente. Elle est dans une réaction à quelque chose qui ressemble à ce qu'elle a déjà vécu. Et vos arguments parfaitement logiques et juste, elle ne les entend pas. Pas parce qu'elle refuse, parce que le système nerveux en mode survie n'a pas accès à la même fenêtre de traitement cognitif. La bonne stratégie ici est probablement la plus contre-intuitive de toutes sécuriser avant de raisonner.
Réduire la charge de la situation. Moins de surprises, moins d'ultimatum, moins d'imprévus. Prévenir. Voici ce qui va se passer. Voici ce que je vais faireRalentir le rythme. Donner des repères, étapes, délais, contacts clairs. Limiter le sentiment d'être acculé. Toujours laisser une issue, une marge, un espace. Ce n'est qu'une fois que le niveau de menace a baissé que vous pouvez revenir au fond. Et si vous sautez cette étape, si vous forcez le fond avant d'avoir sécurisé le contexte, eh bien, vous allez confirmer exactement ce que la personne redoutait. Le huitième profil, la personne dont l'état du moment fausse tout.
Il faut maintenant aborder quelque chose d'important et souvent négligé. Parfois, le problème n'est pas un trait de personnalité. C'est un état du moment. Et si vous traitez un état du moment comme une personnalité stable, vous vous trompez de niveau. Quelqu'un en phase d'emballement peut vous sembler brillant, convaincant, sûr de lui, décisif. Il veut aller vite, il tranche, il est euphorique. C'est tentant de croire que vous avez enfin une fenêtre pour conclure. Mais c'est précisément le moment où il ne faut pas figer les choses. Parce que la décision prise dans cet état ne peut plus tenir quand l'état redescend.
De la même façon, quelqu'un en phase dépressive peut accepter n'importe quoi, par épuisement, par dévalorisation, par incapacité à défendre ses intérêts Et là encore, vous risquez de construire un accord sur du sable. La bonne stratégie, ici, temporiser. Je préfère qu'on fasse le point dans deux semaines. Prenons le temps de vérifier que cet accord tient pour vous dans la durée. Donnons-nous un délai de réflexion avant de conclure. Une bonne stratégie n'est pas seulement une stratégie efficace sur le moment, c'est une stratégie qui tient quand l'état du moment retombe Le neuvième profil, la personne dont la réalité n'est plus suffisamment partagée.
Ce point est le plus délicat et le plus important à connaître. Il arrive que la réalité commune ne soit plus suffisamment disponible. Pas parce que la personne est folle au sens populaire, mais parce que le contact avec une réalité partagée est altéré. Alors, je vous explique, parce que cela peut prendre des formes très différentes, des convictions très rigides que rien ne peut faire bouger, un récit du conflit tellement remanié qu'il n'y a plus de lien reconnaissable avec ce qui s'est passé. Une certitude absolue, imperméable au fait, une désorganisation du discours qui rend l'échange impossible. Dans ce cas, vous n'êtes plus dans un simple conflit difficile.
Vous êtes face à un changement de niveau. La personne s'est raconté une histoire. Et la bonne question n'est plus, ben comment parler La bonne question devient peut-on encore travailler utilement ici Parfois, la réponse est oui. Avec beaucoup de concret, de simplicité, de prudence. Parfois, la réponse est non. Et accepter cela n'est pas un échec. C'est du discernement. Continuer à vouloir négocier quand la réalité n'est plus partagée n'est pas une preuve de compétence C'est une erreur de niveau. Alors, avant de vous donner les exercices, il y a un point qu'il faut réintégrer ici, parce qu'il change profondément votre lecture.
Une partie de ce que vous voyez chez l'autre peut avoir été créée par le conflit lui-même. Ce profil contrôlant. Peut-être était-il beaucoup plus souple avant que la situation ne devienne chaotique. Ce profil méfiant. Peut-être a-t-il été sincèrement trompé à un moment du conflit. Ce profil froid et distant. Peut-être est-il en phase de saturation, pas en mode antisocial. Ce profil rigide. Peut-être est-il épuisé. Et la rigidité, sa seule façon de tenir debout. Ce n'est pas de l'excuse, c'est de l'information.
Et cette information est précieuse parce qu'elle vous dit que certaines choses peuvent changer si les conditions changent, qu'il ne s'agit peut-être pas d'une structure immuable, que votre propre façon de vous comporter dans le conflit peut être partie de la solution.
Ajuster sans tout accepter
Voici maintenant quelque chose d'important à accepter. Adapter sa stratégie ne signifie pas que vous pouvez tout résoudre. Il y a des situations où l'issue réaliste n'est pas la réconciliation, ni même un accord complet. Il y a des situations où l'enjeu devient la protection Réduire les dégâts, limiter l'exposition, sortir du dispositif proprement. Ce n'est pas un échec de votre stratégie, c'est une lecture juste de ce qui est faisable. Il y a une hiérarchie que beaucoup de personnes n'appliquent jamais parce qu'elle est trop douloureuse. Apaiser quand c'est possible, clarifier quand le réel est encore partagé, négocier quand il y a un intérêt des deux côtés.
Cadrer quand l'accord de fond est impossible, mais que la coexistence est nécessaire. Protéger, quand ni l'apaisement ni la négociation ne sont tenables. Sortir, quand rester aggrave structurellement la situationCette hiérarchie est impossible à appliquer tant que vous êtes enfermé dans l'idée que la bonne stratégie existe et que vous n'avez pas encore trouvé les bons mots. Parfois, la bonne stratégie, c'est de savoir quand arrêter de chercher une stratégie relationnelle et de déplacer l'énergie vers la protection. Ce discernement, savoir quand on est passé d'un niveau à l'autre, c'est l'une des compétences les plus rares et les plus précieuses en situation de conflit.
Et passer d'un niveau à l'autre, ça peut être chez l'autre, mais aussi chez vous. Quand on est dedans, quand on est blessé, quand on est épuisé, la lucidité sur le niveau où l'on est devient très difficile à maintenir. L'analyse ne peut pas toujours se faire seule. C'est pour cela qu'un regard extérieur change souvent radicalement ce qui est possible. Alors, par exemple, dans le cabinet Résovco, nous travaillons avec ce que j'appelle une neutralité engagée.
Pas une neutralité de distance, pas une posture de retrait, mais un regard qui s'implique pour aider chaque partie à retrouver une marge d'action réelle Et dans certains conflits très chargés, où la rencontre directe est impossible ou contreproductive, nous allons pratiquer ce qu'on appelle la médiation. Voir une médiation où les entretiens individuels vont être encore plus longs que dans une médiation standard. Parfois, ça peut monter à trois, quatre heures. C'est prendre le temps de comprendre vraiment ce qui se joue.
Ensuite, si vous vous sentez, soit vous pouvez avoir un contact direct avec la présence d'un tiers Soit parfois, on va devoir avoir un travail en navette, c'est-à-dire qu'on rencontre chaque partie séparément, sans réunion commune ou avec une réunion commune uniquement en fin de processus, quand les conditions sont réunies. Parce que certains conflits ne peuvent pas se traiter en face à face. En tout cas, du moins pas au départ. Voici maintenant deux exercices concrets pour travailler vos conflits en cours Premier outil, la grille de lecture en cinq questions. Quand vous êtes face à une situation bloquée, avant de décider quoi faire, posez-vous ces cinq questions.
Deux outils pour choisir le bon levier
Un est-ce que la réalité est encore suffisamment partagée Y a-t-il un terrain commun pour parler Ou est-ce que nos versions du réel, de l'histoire, du conflit, sont devenues incompatibles Deux est-ce que ce que j'observe est durable ou est-ce que c'est l'état du moment Ce comportement existe-t-il depuis longtemps dans d'autres contextes ou est-ce que c'est le conflit ou la période qui a créé ça avec cette personne Trois qu'est-ce qui semble menacer chez l'autre Son image Sa sécurité Son contrôle Son lien Ses intérêts concrets Quatre qu'est-ce que le conflit lui-même a fabriqué dans son comportement Qu'est-ce qui n'existait peut-être pas avant que les tensions s'installent Cinq qu'est-ce qui
est encore influençable Sur quoi puis-je réellement agir sans aggraver la situation Ces cinq questions ne vous donnent pas de certitudes. Elles vous donnent des hypothèses de travail et des hypothèses de travail valent infiniment mieux qu'une étiquette Deuxième outil, la règle des trois colonnes. Sur une feuille tracée, trois colonnes. Colonne A, ce que je continue à faire parce que j'espère que ça va finir par marcher.
Colonne B, est-ce que ça a marché jusqu'ici Colonne C, quel levier n'ai-je pas encore vraiment essayé Ce que vous allez souvent découvrir en laissant cet-- en faisant pardon, cet exercice, honnêtement, c'est que la colonne A est remplie de stratégies qui ne marchent pas, que la colonne B est presque toujours non et que la colonne C contient les vrais changements possibles, parce que le premier mouvement stratégique n'est pas d'ajouter quelque chose, c'est souvent d'arrêter quelque chose. Arrêter d'argumenter quand argumenter aggrave. Arrêter de rassurer quand rassurer nourrit la méfiance. Arrêter d'attendre un accord qu'on n'obtiendra pas.
Arrêter de se battre contre le levier au lieu de l'utiliser La vraie compétence en conflit, n'est pas de reconnaître un diagnostic en quelques minutes.
La vraie sortie du conflit complexe
C'est de ne pas avoir besoin d'un diagnostic pour ajuster intelligemment votre stratégie. C'est de penser en termes de levier, pas d'identité, de lire ce qui est durable et ce qui est contextuel, de distinguer ce que vous pouvez influencer de ce que vous ne pouvez pas, de savoir quand parler et quand se taire, de savoir quand avancer et quand temporiser et de savoir quand arrêter de chercher à tout résoudre est la meilleure solution Ce niveau de lecture est moins spectaculaire que de dire Ouais, c'est un pervers narcissique, mais il est infiniment plus puissant.
Parce qu'à partir du moment où vous cessez de vouloir changer l'autre, vous pouvez enfin vous demander qu'est-ce qui est faisable ici Et c'est cette question-là qui redonne du pouvoir. Pas le pouvoir de transformer l'autre. Le pouvoir de ne plus vous tromper de combat. Si vous sentez que vous êtes enfermé dans un conflit complexe et que vous n'arrivez pas à démêler tout ça seul, n'hésitez pas à nous contacter chez RESOVCO Nous proposons des accompagnements personnalisés en coaching, analyse de conflits et médiation qui vont vous aider à faire cette analyse en profondeur. Bien évidemment, cela peut demander un petit peu de temps, mais c'est la seule et meilleure stratégie.
Pour plus d'informations, contactez le site www.resovco.fr. Et si vous avez des questions, des situations dont vous aimeriez qu'on parle dans un prochain épisode, eh bien, écrivez-nous. Vos questions nourrissent notre réflexion. C'était, face à quelqu'un de difficile en conflit, voici les stratégies qui changent vraiment les choses. Un épisode Au cœur du conflit. Pour aller plus loin, retrouvez la transcription de cet épisode et d'autres ressources sur mon site www.resovco.fr Merci de votre écoute. À très bientôt et prenez soin de vous Merci d'avoir écouté cet épisode d'Au cœur du conflit, le podcast qui révèle les angles morts de vos conflits.
Pour aller plus loin et débloquer vos situations complexes, retrouvez tous nos accompagnements sur www.resovco.fr. RESOVCO, votre cabinet spécialiste en gestion de conflits, conseils personnalisés, coaching stratégique et médiation pour vos situations professionnelles, familiales et personnelles. Si cet épisode vous a apporté des clés de compréhension et des outils, abonnez-vous et partagez-le. Vos questions et vos situations sont les bienvenues. Au cœur du conflit, un podcast RESOVCO
Karine BIAVA - RESOVCO (2026)
Consultante, coach et médiatrice en résolution de conflits
RESOV’CO Cabinet de Conseils et de Coaching en gestion de conflits - Cabinet de Médiation
Site RESOV'CO - https://www.resovco.fr
Nous connaitre - https://www.resovco.fr/a-propos
Linkedin - https://www.linkedin.com/in/karine-biava-239205333/